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Nesrine T. Iwal

Avis d’un spectateur sur la 8e édition du Festival du théâtre Amazigh

Le théâtre fut créé pour le peuple dans le but de traduire sa situation sociale, économique et culturelle. Pour véhiculer des messages qui permettent aux peuples de s’élever et de passer d’un état archaïque et précaire à un état de conscience plus développé. Il était un moyen pour parler des interdits, dénoncer les injustices et casser des tabous. Mais que voit-on aujourd’hui sur cette scène qui a connu tant de sacrifices et pour laquelle beaucoup sont mort si ce n’est que le discourt que jadis le théâtre combattais, que voit-on si ce n’est qu’une morale épineuse enjolivée et servie sur un plateau en or…
On retrouve finalement le même programme « téléguidé » visant à promouvoir la médiocrité et la destruction de l’art.
Détrompez-vous, Je ne critique pas les troupes, je ne critique pas les comédiens, ceux que je dénonce ce sont les têtes « PENSANTE ». Que représente vraiment ce « Festival du Théâtre Amazigh » ? Est-ce vraiment du théâtre Berbère ? Ou bien un théâtre d’expression Berbère ? Loin de ça, Que vise ce festival réellement ?! Ce sont des questions qui restent posées car au lieu de programmer « un » débat à la fin de ce festival pour poser ces questions et décortiquer son déroulement on a préféré lancer les comédiens, après chaque spectacle, dans un combat de boxe déloyal sans le ring. Et je vous promets que tout le monde en est sorti gravement blessé… Comment peut-on mettre en compétition des troupes qui n’ont pas tous le même degré d’expérience, ni les mêmes moyens ? Un festival National qui n’impose pas de critères de participation et qui « juge » après les amateurs et professionnels avec le même œil et la même vigueur ! Quelle injustice…
« Ô Comédiens, Pourquoi êtes-vous comédiens ?!» Je vous félicite d’avoir survécu aux conditions de ce festival. On a vu votre amour pour le théâtre non-pas sur la scène mais dehors devant le théâtre, dans ces « hôtels » où on vous a confiné… Comment pouviez-vous donner votre art quand, pour travailler, on limite vos libertés et vous interdits de vous voir ? Il fallait peut-être épouser vos collègues pour avoir des carnets de famille et pouvoir vous voir le soir et répéter vos spectacles. Comment pouviez-vous donner votre art quand votre ventre et vide – on dit bien « ki techba3 l kerch rras ygheni » – parce qu’on ne pouvait vous servir à l’heure de la prière du vendredi ? Là je pense qu’il fallait annuler votre spectacle qui devait commencer à 14h, le Vendredi c’est sacré… combien d’autres situations combien d’autres conditions que vous avez dû supporter pour rejoindre la scène… Et pour cela je vous redis Bravo à tous!!
A la clôture du festival, on a trouvé la solution finale !!! déplacer le festival vers d’autres régions, telle est la solution !!! Mais, que veut tout cela dire au final ? déplacer un festival qui n’arrive pas à s’assumer jusque-là ??!! N’est-ce pas une manière soft de le tuer progressivement ?! La faute à qui ?! A ces début, ce festival prenait de l’ampleur, petit à petit, il évoluait tell un enfant qui se découvre. Qui tombe et qui se relève. A sa 5ème édition en 2013, le festival avait atteint un autre niveau. Toute la ville de Batna le vivait, on ressentait la berbérité plurielle, on la vivait. De la musique berbère en plein air, Chaoui, Kabyle, Tergui… et j’en passe. Des tentes Tergui accueillant les visiteurs venus de partout. Une ambiance conviviale, Des pièces théâtrale de haut niveau et j’en passe encore… Chaque soir, après le spectacle les comédiens, la presse et les sympathisants du 4ème Art se retrouvaient à la réception de l’hôtel Chélia pour discuter, débattre sur divers sujets, chanter dans plusieurs variantes du berbère… L’objectif du festival semblait possible. On imaginait déjà toute l’Afrique berbère à Batna, même l’Egypte, les Iles Canaries… tous les berbères du monde. Mais hélas, on imaginait seulement car par la suite ce fut le désastre ! La sécurité a commencé par manquer, puis venu la séparation des comédiens, l’exclusion de troupes comme celle de Khenchla et Oum-el-Bouagui, ou encore la non-prise en charge des troupes acceptées comme celle d’Oran, allez savoir pourquoi… pour finir aucune publicité et presque plus de présence berbère dans la ville de Batna ni dans le théâtre…

Ce festival qui nous est cher tombe en lambeau… à qui la faute ? Certes le fautif doit payer mais le plus important et de sauver notre futur dans le 4ème Art. Il faut revoir l’organisation de ce festival et lui redonner un souffle car il nous représente. Il est à notre image. Il est l’union des berbères. Au lieu de penser à le déplacer, chose qui va le détruire, pensez plutôt à organiser des tournées pour les comédiens pour ne pas tuer leur travail, pensez à créer d’autres festivals au lieu d’en éliminer. Restrictions budgétaire vous dites ?! Faites une billetterie à un prix symbolique, sauf si votre but est de le détruire tout comme le festival de Timgad a été détruit…

Nesrine T. Iwal

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