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Le fonds documentaire de Djemâa Djoghlal et Ammar Nagadi réceptionné à Alger

PARIS – Le fonds documentaire, légué par les défunts écrivains Djemâa Djoghlal et Ammar Nagadi aux universités de Batna et de Khenchela a été réceptionné à la fin du mois d’avril par la Direction générale des archives nationales, a appris jeudi l’APS auprès des mandataires.

“Le fonds documentaire légué par les défunts Djemâa Djoghlal et Ammar Nagadi aux universités de Batna et de Khenchela pour les livres, les documents à caractère d’archive pour le centre national des archives, a été réceptionné le 26/04/2018 par la Direction générale des archives nationales”, ont indiqué les mandataires Saddok Kebairi et Salah Laghrour, qui ont tenu à remercier tous ceux qui ont contribué à l’acheminement de ce fonds de 137 cartons, dont Air Algérie, la DG des archives nationales et les universités concernées.

“Des remerciements vont également aux familles des héritiers et héritières pour leur confiance et leur engagement pour la réalisation de ce projet”, ont-ils ajouté, précisant les remerciements “spéciaux” à l’ambassade d’Algérie en France qui a inventorié l’ensemble du fonds.

Le fonds documentaire appartenait la sociologue algérienne et grande figure du féminisme algérien Djemâa Djoghlal, décédée en novembre 2016 à Paris, dont une partie lui a été léguée de son vivant par l’auteur de nombreux écrits sur l’Aurès et sur la culture berbère Ammar Nagadi, mort le 1er décembre 2008.

Le fonds emballé dans 137 cartons englobe plus de 7000 livres, des plans, des affiches et des cartes postales anciennes.

Aux côtés de livres de grands auteurs tant Français qu’Algériens ayant traité le sujet de la colonisation, dont Pierre Vidal-Naquet, Charles Robert Ageron et Mohamed Harbi, des correspondances militaires inédites et des archives datant du début de la période coloniale française et d’autres se rapportant à la guerre de libération, ce fonds constituait la bibliothèque personnelle de la sociologue qui était en libre accès à plusieurs chercheurs, doctorants et étudiants algériens et étrangers.

En plus des livres, le fonds renferme également 5.000 cartes postales, une cinquantaine de vieux plans sur les villes d’Algérie et d’anciens manuscrits et livres rares.

Pour rappel, Ammar Nagadi, symbole incontournable du militantisme culturel dans la région des Aurès, avait fait un don de 3500 livres de sa bibliothèque personnelle à la sociologue Djemâa Djoghlal.

Dans un entretien accordé en novembre 2013 à l’APS, Djemâa Djoghlal avait déjà annoncé, rappelle-t-on, son intention de faire don de son fonds documentaire sur l’histoire et la culture algérienne.

“Sans fausse modestie, je n’ai pas un grand mérite même si ce fonds représente 25 ans de sacrifices en tous genres”, avait confié cette native de Khenchela et cousine du chahid Abbas Laghrour, qui a quitté l’Algérie à l’âge de 5 ans pour rejoindre son père en France où il était militant très actif au sein du Front de libération nationale (FLN)”, soulignant que c’est l’histoire familiale qui l’a mise dans le “chaudron mémoriel”.

Une année avant son décès, elle a ouvert sa bibliothèque aux animateurs du site de la bibliothèque numérique amazighe (www.asadlis-amazigh.com) qui ont pu numériser 200 ouvrages dont certains sont très rares et mis en ligne en accès libre.

Salim Guettouchi

APS

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