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Abderrezak Dourari directeur du CNPLET

Les contrevérités de Abderrezak Dourari , directeur du CNPLET

Quelle est la meilleurs façon d’étouffer une langue ou musela une cause juste ? L’enfermer entre quatre murs ou la livrer à la poussière d’un tiroir.
Le pouvoir algérien est passé maitre dans cet art, une affaire urgente  menace-t-elle l’ordre général, au lieu de la traiter,  on lui désigne une commission, s’agit-il d’une légitime revendication citoyenne, aussitôt un organisme grassement  subventionné est crée à Alger, c’est-à-dire très loin de l’Algérie profonde où les citoyens sont concernés.
Tamazight est à cet égard un exemple parfait, après des décennies de luttes et de sacrifices l’État algérien créa le HCA (le haut commissariat pour l’amazighité) , une institution mise sous tutelle du président de la république et censée promouvoir Tamazight  dans l’enseignement et les médias .
Après une existence d’une vingtaine d’années, les responsables de cette  honorable  institution dressent un constat d’échec et recommandent  sentencieusement la création d’une « académie ».
Dernièrement, au détour d’un article de presse  je découvre l’existence  d’un centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight ! Derrière ce nom pompeux se cache un énième  organisme bureaucratique qui semble complètement coupé de la réalité.  Sur son site internet, on apprend que ce  centre « a été crée par décret exécutif 03-470 du 02 décembre 2003 », il s’assigne des objectifs aussi nobles les uns que les autres.
Comment se fait-il  qu’un organisme crée depuis 13 ans n’ait jamais organisé un colloque ou un évènement dans le pays chaoui ?  Comment se fait-il qu’un centre dont l’objectif majeur est la promotion de l’enseignement de Tamazight ait gardé le silence sur la situation catastrophique de l’enseignement de cette langue dans l’Aurès ?
Si nous avons quelques doutes sur la crédibilité de ce centre, la lecture de l’interview que le directeur a donné  au quotidien Liberté dernièrement , va nous conforter dans notre conviction : « en domaine chaouia comme en domaine mozabite et zenata, la préférence dominante va au caractère dit arabe » assène-t-il.

D’où M. Abderrezak Dourari tient-il cette affirmation ? Ignore-t-il que les enseignants chaouis ont observé plusieurs fois des rassemblements pour dénoncer les diktat des directions de l’éducation , qui veulent leur impose le caractère arabe ? Ignore-t-il, lui, directeur d’un « centre » dédié à l’enseignement de Tamazight que les chaouis étaient toujours favorables à l’alphabet tifinagh depuis Ammar Negadi dont il était l’un des instigateurs au temps de l’académie berbère ?
Ce cynisme enrobé dans un léger vernis pseudo-scientifique ne trompe bien sûr  personne , il reflète une volonté de l’État d’imposer le caractère arabe pour l’inscription de Tamazight dans le pays chaoui et dans le Mzab , afin d’empêcher  l’essor de cette langue . Abderrezak Dourari tout comme El Hachemi Assad du HCA , ne sont que des simples exécutants de se plan machiavélique .

Dans l’interview, M. Dourari n’a pas manqué d’envoyer une pique contre le HCA, à propos de la collaboration avec cette institution, M. Dourari se montre  peu enthousiaste : « nous n’avons pas les mêmes fonctions ni les mêmes vision »  répond-il . Il reproche à cette institution le manque de la « rigueur scientifique», une réflexion qui en dit long sur le fonctionnement de ses deux organismes censés promouvoir tamazight.
La réalité est que M. Abderrezak Dourari ,  en bon bureaucrate , est complètement coupé du terrain . Le CNPLET tout comme le HCA et même la future Académie , faute de volonté politique, ne seront que des coquilles vides, des repères de col blanc parfaitement inutiles , et cependant très prolifiques en slogans pompeux et jargonneux.

Jugurtha Hanachi

 

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