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Lakhdar Bentorki directeur de l’Office national de la culture et de l’information (ONCI)

Monsieur Bentorki , les chaouis ne veulent plus de votre festival !

Dans une interview accordée au quotidien El Watan le 17 mars dernier,  l’inamovible directeur de l’Office national de la culture et de l’information (ONCI),  a expliqué en long et en large la nouvelle politique culturelle de son organisme.
Inutile de revenir sur les annonces tous azimut  et autres effets de manche contenus dans cette interview, mais une réponse à propos du festival de Timgad a particulièrement attiré notre attention.
Le journaliste lui pose la question suivante « A Timgad, les gens se sont plaints, ont dit que le festival est organisé par l’ONCI sans solliciter les compétences et les artistes locaux. Qu’en dites-vous ? »
Par « artistes locaux  » il faut comprendre « artistes qui chantent en CHAOUI » comme Mihoub , Amirouche , Les Berbères , Markunda , Dihya , dont le public ne cesse de les réclamer.
La réponse de M. Bentorki est un monument d’hypocrisie : « La wilaya de Batna et toutes les autorités locales sont impliquées à 100% dans l’organisation du Festival de Timgad. Les artistes locaux veulent participer au Festival de Timgad. Nous avons toujours dit que le festival était international, d’une durée de 7 à 8 jours. Si nous programmons tous les artistes de la région, le festival ne sera plus international ».
On sent la pointe du mépris : ces culs terreux de chaouis veulent nous gâcher notre festival ! 
On a tous à l’esprit ce qui s’est passé il y a quelques années où les tickets des parkings portaient la mention « commune d’Alger ».
Mais M. Lakhdar Bentorki insiste « Nous avons fait une proposition aux responsables des associations locales en leur disant : laissez- nous terminer le Festival international, après on mettra à votre disposition nos moyens techniques pour organiser un festival local ou régional. Ils ont refusé. »
Des associations locales ,  vraiment ? Des associations culturelles qui se démènent pour obtenir une simple autorisation, organiseraient un festival ?
« Le théâtre de plein air de Timgad reste fermé à longueur d’année, n’ouvre que pour le festival en été. Pourquoi ne font-ils rien pour l’exploiter ? Qu’est-ce qui les empêche d’organiser des activités artistiques ? »
L’argent peut être, non ?  .
Lakhdar Bentorki continu dans sa lancée « Durant le festival de Timgad, tous les hôtels affichent complet, alors que les restaurants, les cafés, les taxis, les commerces tournent à plein régime. Tout le monde travaille ».
Les jeunes de Timgad, Tazoult, et Batna veulent bien travailler, mais si même les vigiles et les gardiens des parkings viennent d’Alger comment peuvent-ils travailler ? Inutile de parler des aspects plus importants de l’organisation où les mêmes boites de communications algéroises raflent tout .
S’agissant des  »hôtels qui affichent complets », précisons que depuis des années, les artistes ne passent plus la nuit à Batna  mais rallient directement l’aéroport après leur passage, et ce faute d’infrastructures  d’hébergement.
Pendant le festival de Timgad, les chaouis ne sont que des simples observateurs. Le maire de Timgad fut même, un jour empêché par des vigiles d’accéder au théâtre.
Monsieur Bentorki , si vous tenez beaucoup à « votre Festival » et que vous craignez qu’il soit compromis par ces inopportuns chaouis, délocalisez-le à Alger et épargnez à notre site archéologique les dégradations que cause ce festival auquel nous avons rien à y gagner .  Enfin , n’y voyez M. Bentorki ,  aucune arrière-pensée régionaliste dans mes propos : parce qu’on est tous des Algériens !  n’est-ce pas ?

Jugurtha Hanachi
 

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