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Mourad Meguellati

Mourad Meguellati « La durée de vie d’une pièce de théâtre en tamazight est très courte »

Auteur et metteur en scène pour le théâtre, Mourad Meguellati est le président de l’association Asiram n wawras (Espoir de l’Aurès) qui publie depuis deux ans une revue culturelle éponyme.
Il nous parle dans cet interview de son expérience théâtrale ainsi que les difficultés qui freinent l’essor du théâtre amazigh dans le pays chaoui .

Vous  n’avez pas participé cette année au festival du théâtre amazigh de Batna malgré que soyez un habitué de ce rendez-vous, pourquoi ?
Effectivement, depuis la création de l’association Asiram n wawres en 2013, on a participé trois fois au festival. Malheureusement, cette année nous n’avons pas pu participer par manque de moyens.
Il faut dire que les obstacles qui se dressent devant la production en tamazight en général et dans le théâtre en particulier, ne manquent pas dans l’Aurès. Pour monter une pièce, il faut un minimum de budget, faire un décore, confectionner les costumes, payer les comédiens, tout ça coûte au bas mot entre 50 à 60 million de centime. La pièce une fois montée, et après plusieurs mois de travail  ne sera jouée qu’une seule fois lors dans un festival, peut être une seconde fois à l’occasion d’un Yennar ou autre évènement, et dans ce cas, on n’est même pas sûr d’être payé. La pièce de théâtre en tamazight est éphémère, elle ne dépasse pas les deux représentations.
J’ai à mon actif cinq textes en Tamazight : quatre pièces et un monologue. Ce sont des pièces que j’ai écrit moi-même en chaoui et non pas des adaptations de pièces égyptiennes ou syriennes comme le font la plupart des metteurs en scène algériens, et pourtant, je n’arrive pas à trouver le financement pour de nouveau projets.

Justement,  pourquoi ne pas solliciter des subventions publiques ?
Cette années j’ai déposé des fiches techniques de pièces au niveau de la maison de culture de Batna ;  je le fait chaque année d’ailleurs, mais en vain, il n y a pas de subventions pour la culture à cause du « taqachof » (les restrictions) m’a-t-on répondu.
Et quant est-il du sponsoring ?
Le sponsoring que ça soit public ou privé se fait d’une manière occulte. Comment expliquer que les évènements culturels organisés dans les autres wilayas trouvent toujours des sponsors et pas chez nous ? L’argent que les entreprises publique ou privées réalisent de leur activité économique  dans l’Aurès, ne doivent pas aller à Alger pour  financer des activités culturelle là-bas  alors que la culture dans l’Aurès est moribonde. Je lance un appel au patronat et aux autorités locales afin de trouver une solution à ce problème.

Entretien réalisé par : Jugurtha Hanachi

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