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Imedghassen

Sauver Timgad, Imedghassen, Tipaza, …

Dans les années 1990, les terroristes islamistes avaient vidé des villages entiers dans l’Ouarsenis, l’Atlas blidéen, les Bibans et autres contrées de notre pays ; avec les massacres de masse, ils avaient détruit des habitations, des écoles, des commissariats, des mairies, des ponts routiers…

Dans la ville de Zeddine, dans la wilaya d’Aïn Defla, là où s’est tenu le comité central du PPA en 1948, qui décida alors de l’option de la guerre révolutionnaire (1) et de la création de l’OS (Organisation Spéciale), près de 40 ans plus tard, les terroristes islamistes avaient détruit à la pelle mécanique le siège de l’APC et d’autres bâtiments publics de l’Algérie indépendante ! Triste revers de l’histoire.

La politique de la terre brûlée imposée par les islamistes à notre pays n’a épargné aucune partie du territoire, les citoyens, les biens et les lieux.

Curieusement, à part quelques profanations de cimetières et de massacres de masse, les terroristes avaient épargné les sites historiques et archéologiques. Était-ce par respect à l’histoire ancienne millénaire de notre pays ?

Au vu de ce qui s’est passé plus tard dans d’autres pays (Irak, Syrie, Libye, …) et qui continue, il semble bien non. Les islamistes algériens, formés à l’école Madani-Belhadj, avaient été « programmés seulement » pour prendre le pouvoir, quel qu’en soit le moyen, pour décider du présent et du futur des Algériens. La stratégie de l’anéantissement du passé ante-islamique, par l’effacement de tout vestige historique et culturel, n’était pas inclus dans leur stratégie.

Le spectacle des destructions répétées et assumées des citées antiques et des musées par Daech en Syrie, en Irak et en Libye, montre qu’il s’agit bien d’une stratégie pleinement réfléchie et appliquée pour effacer toute trace d’humanité de l’avant l’islam. Faire table rase du passé pour faire démarrer le compteur de l’histoire à Médine du 6ème siècle.

Cette politique de destructions systématiques n’est malheureusement pas le monopole de Daech et de ses multiples sous-traitants. Ce que font les terroristes par des explosifs, certains « États Daech » (Arabie Saoudite, …) le font dans le silence des médias et la passivité de la communauté internationale ; ils gomment tout ce qui n’est pas conforme à leur norme islamo-wahhabiste.

Dans cette stratégie de la terre brûlée pour instaurer une amnésie généralisée par les destructions, les islamo-terroristes ne perdent pas le sens des affaires. Ils ont instauré une division du travail très organisée : à côté de ceux qui détruisent, il y a ceux qui volent les objets historiques (bijoux, statuettes, pièces de monnaies, …), il y a ceux qui les écoulent sur les marchés de contrebande à l’étranger. Des réseaux maffieux se sont constitués et sont très actifs. Pour la Libye, la maffia calabraise s’est spécialisée dans l’écoulement des objets volés en Libye et le trésor de Benghazi a disparu depuis 2011. Des bustes funéraires antiques découpés à la tronçonneuse sur les sites de Syrte et d’Akakus sont vendus par les trafiquants en Italie, Turquie, Dubaï et sur internet. Plusieurs objets ont déjà été repérés dans des galeries en Espagne, Israël et en Turquie. Certains objets ont été retrouvés, mais le mal est déjà fait.

L’aveuglement idéologique associé à la cupidité et l’appât du gain est un mélange détonnant qui ne manquerait pas de se dérouler demain en Algérie. L’État a le devoir de s’y préparer en protégeant les sites historiques et les musées au même niveau que la protection des citoyens.

L’islamisme wahhabite ambitionne de construire le monde de demain selon sa vision et d’effacer toute référence à la richesse historique et culturelle que l’humanité a produite depuis des millénaires. Les États et la société ont le devoir de s’y opposer. Il y a urgence de prendre des dispositions.

Aucune personne de bon sens ne souhaiterait assister demain à ce qui se passe aujourd’hui en Syrie et en Libye, et que certains incompétents aujourd’hui aux commandes de l’État algérien ne viendraient pas nous réciter demain le plus détestable mot que l’Algérie a inventé depuis 1962 : « Allah Ghaleb » (2)!

Aumer U Lamara

Notes :

(1) Adoption du rapport stratégique préparé et présenté par Hocine Aït Ahmed.

(2) « Dieu est plus grand »

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