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Les habitants de Menaâ ont protesté contre la marginalisation de Tamazight

Tamazight : encore une marche de protestation dans les Aurès

La petite commune de Manâa rallume par une marche mercredi la flamme amazighe dans les Aurès où, semble-t-il, la protesta n’est pas prête de s’estamper. Après les marches organisées dans la région d’Ighzer Amellal, c’est au tour de la vallée d’Ait Abdi de connaitre, elle aussi, un mouvement de protestation pour dénoncer l’action révisionniste du Parlement algérien qui a rejeté, récemment, une proposition de loi portant sur la généralisation de l’enseignement de Tamazight.
En effet, les habitants de cette vallée, située dans le versant sud-ouest des Aurès, n’ont pas été du reste en ces moments de protestation et de mobilisation. Ils ont été aussi de la partie mercredi passé en organisant une marche à Menâa pour appuyer les revendications légitimes du mouvement berbère, mais surtout pour démontrer que l’Aurès, bastion de la résistance millénaire des Imazighen, est très attaché à sa culture et langue ancestrales. Menâa donc, cette belle localité célèbre surtout pour ses attraits architecturaux splendides, a vécu cette semaine, elle aussi, une autre journée de protestation.
La marche qui y a été organisée a réuni bon nombre de citoyens de différentes catégories. Des collégiens, des lycéens, des étudiants, mais aussi des enseignants de tamazight et des militants associatifs ont tous, en effet, ré- pondu à l’appel en participant à cette manifestation. La marche qui a sillonné la principale artère de la ville a démarré aux environs de 12H 30 du collège Abdelhadi Mohamed pour prendre fin au siège de la mairie. « Nous avons choisi à dessein cet itinéraire mais surtout cet horaire, nous dit l’un des organisateurs de cette marche, pour ne pas perturber la scolarisation de nos enfants ».
En effet, contrairement aux marches organisées ces jours-ci en faveur de la Palestine et qui ont connu malheureusement dérapages et désertions des établissements scolaires, celle de Manâa n’a eu aucune incidence négative sur le déroulement des cours. C’est dire tout le civisme dont ont fait preuve les animateurs et les organisateurs de cette action de protestation. « Notre œuvre est constructive car nous revendiquons une école authentique qui prend en charge toutes les langues nationales. Il va de soi donc que nos actions militantes ne doivent en aucun cas créer des désagréments quant à la scolarisation et l’avenir de nos enfants », nous dit Hamid un des animateurs du mouvement berbère de la région. L’organisation parfaite et le sens de responsabilité des animateurs du mouvement berbère ont contribué, ainsi, à réussir cette énième marche qui s’est déroulée dans le calme, mais surtout dans une ambiance festive.
Plusieurs slogans y ont été scandés mais celui qui revenait sans cesse dans les clameurs des manifestants était « Nchehhel tamazight khater d imazighen. Ur ntewella gher deffer khater d ichawiyen » « Nous adorons la liberté car nous sommes des Amazighs. Nous ne reculerons pas car nous sommes des Auresssiens ». Selon Hamid, le message est clair. « Les mots forts prononcés par la foule, renchérit-il, sont une réaction à la répression dont on a été victime la semaine passée à Batna. » Il est à noter enfin que plusieurs autres localités auressiennes, telles que Arris et Oued EL Ma ont réagi, elles aussi, aux événements en organisant, ces jours-ci, des sit-in en faveur de la généralisation de l’enseignement de Tamazight.

 Salim Guettouchi

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