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Anna Gréki, les mots d’amours, les mots de guerre

“Anna Gréki, les mots d’amours, les mots de guerre”, un ouvrage signé Abderrahmane Djelfaoui

Dans “Anna Gréki, les mots d’amours, les mots de guerre”, Abderrahmane Djelfaoui aborde une partie du parcours exceptionnel d’Anna Colette Grégoire, une militante anticolonialiste résolue et passionnée. Paru à l’occasion de 21e Salon international du livre d’Alger (Sila) aux éditions Casbah, cet ouvrage de 190 pages se présente comme une enquête menée avec minutie dans laquelle l’auteur reconstitue la vie “volontariste et flamboyante” d’Anna Colette Grégoire, alias Anna Gréki.

Dans un jeu de temporalité, l’auteur convoque différentes périodes de l’histoire de l’Algérie dans un ordre antéchronologique permettant au lecteur de saisir le travail de recherche de vérités sur la vie et l’oeuvre d’Anna Gréki, représentée en couverture du livre par un portrait dessiné par Denis Martinez.

Arrêtée en 1957 puis embarquée dans un “ultime voyage” en train de Annaba à Alger, Anna Greki, âgée alors de 26 ans, savait  qu’elle allait subir les pires tortures à la villa Sisini (sur les hauts d’Alger), transformé par l’armée coloniale en un lieu sinistre, destiné à “faire parler les résistants”.
Un voyage vers l’inconnu nourri de souvenirs d’enfance à Menaâ, au cœur de l’Aurès , où naquit l’héroïne en 1931, ses rapports complexes avec son père René, un “instit” socialiste, conformiste du moment, et son angoisse de se voir “foncer dans la surdité même des cadavres”.

Dans cet ouvrage, alterné de poésies-documentaire d’Anna Gréki, l’auteur décrit le premier contact avec la torture et les tortionnaires ainsi que l’état d’esprit des résistantes détenues, marqué par la peur et l’incertitude. Un retour en arrière de 25 ans replonge le lecteur dans l’univers d’enfance de la poétesse qui a grandi dans les montagnes des Aurès et s’est abreuvée des us et coutumes des chaouis  réduits à la misère et la pauvreté.

Le récit se referme sur le transfert d’Anna Gréki, le 5 novembre 1958, de la prison de Serkadji à Béni Messous, où elle était assignée à une “mesure d’internement administratif” avant son expulsion d’Algérie.

Partie en Tunisie, Anna Gréki rentrera en Algérie au lendemain de l’indépendance pour reprendre ses études supérieures puis enseigner au lycée “Emir Abdelkader” à Alger avant de s’éteindre en 1966.

La rédaction avec l’APS

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