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Galère barbaresque

L’histoire du corsaire chaoui capturé par les italiens

Les chaouis n’avaient pas la réputation d’être de grands aventuriers . Les chroniqueurs anciens  ; qu’ils soient grecs, arabe ou français, ont toujours dépeint les auressiens comme un peuple très attaché à son pays .

Pourtant, Ernest Fallot rapporte l’étonnante histoire d’un chef de tribu chaoui qui , au cours du XVIIIe siècle , quitta sa montagne pour s’engager comme corsaire et faire la guerre aux chrétiens. Probablement de la tribu des Acheche ou des Aïth Fadhel (Timgad, Aïth Fadhel , Chemora) , l’homme qui était un notable , à probablement été suivi par d’autre individus dans son aventure .

Pourtant, l’épopée du corsaire chaoui tourna court : « il avait été fait prisonnier par les italiens au bord d’un navire barbaresque et emmené à Nice, où on l’avait condamné aux travaux forcés comme pirate » (1). Heureusement, pour notre Ulysse chaoui,  il fit la rencontre de Jacques Bruce, un notable Anglais. Ce dernier eu des bontés pour lui et l’aida à obtenir sa liberté et à regagner son pays (2).

En 1762, Jacques Bruce fut nommé consul d’Angleterre à Alger, un post qui était alors vacant ; il l’accepta avec empressement, et se rendit bientôt à son poste . Une dispute qu’il eut au commencement de l’année 1765 avec le dey le contraignit à donner sa démission. En quittant son poste Il entreprit un long voyage qui le mena dans les montagnes mystérieuses reculées des Aurès où aucun Européen n’ait étudié avant lui (3) . Au moment de quitter Alger, Jacques Bruce était loin d’imaginer l’agréable surprise qui l’attendait. En effet, le consul parcourrait la plaine du pays chaoui, qui s’étend au pied des Aurès, visitant les ruines de Himgadh (Timgad), lorsqu’il fit la rencontre d’un chef campé aux environs de la ville antique, c’était bien l’homme qu’il avait aidé des années auparavant. Reçu comme un frère par l’ancien forçat reconnaissant, il fut conduit par lui dans sa tribu, où il put faire un séjour d’exploration des montagnes des Aurès (4).

Malheureusement, l’histoire n’a pas retenu le nom de cet aventurier chaoui , qui a échappé miraculeusement  à une mort certaine , et a pu rendre la pareille à son bienfaiteur en lui ayant , quelques années après , fait découvrir   la beauté de son pays .

Jugurtha Hanachi

Note :
(1) « Étude sur les Monts Aurès », Bulletin de la Société de Géographie de Marseille , Ernest Fallot .
(2) ibid .
(3) Histoire Générale des voyages de découvertes maritimes et continentales , Ad. Joanne et Old Nick
(4) Par-delà la Méditerranée Kabylie, Aurès, Kroumirie Ernest Fallot – Librairie Plon – 1887

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