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L’index déployé est souvent relayé par le ton agressif

Le doigt menaçant des islamistes et… la sagesse des ancêtres

Dans ce qui suit, nous ne reviendrons pas sur la menace réelle que fait planer le mouvement totalitaire islamiste, et qui n’épargne aucune région du monde.
Nous ne rappellerons pas non plus tous les massacres commis dans notre pays et dans d’autres pays, au nom de cette idéologie politico-religieuse, les assassinats, les destructions, la mise au pas de la population par la terreur dans tout quartier, toute ville ou région tombée sous son pouvoir. Les villages de l’Ouarsenis tenus un temps par l’ex-GIA en Algérie et les territoires et villes contrôlés par Daech en Syrie en sont de parfaits exemples.

Notre propos ici est de mettre en évidence un indicateur visible de cet esprit d’intolérance, partagé les adeptes de cette mouvance.

Il est partagé aussi par beaucoup d’autres qui s’attribuent, inconsciemment peut-être, les glorioles passéistes d’une religion islamique déclarée de fait ‘’de paix et de fraternité’’, à l’image des ‘’républiques démocratiques’’ où la démocratie s’arrête au slogan, et qui fait office de programme afin d’amuser la galerie et d’instaurer la dictature.

Cet indicateur de comportement, que chacun peut constater, c’est l’index pointé en l’air, souvent prenant Dieu à témoin (1), index pointé vers le ciel ou vers l’interlocuteur, index accusateur, index menaçant et souvent… index exécuteur.

L’index déployé est souvent relayé par le ton agressif, qui se fait parfois vocifération, afin de dominer (2). Des citations de sourates préalablement choisies et mémorisées arrivent à grand renfort de répétitions pour clore toute discussion, pourtant entre humains ; « Deus Dixit / Dieu a dit / Qal Allah / Inna-d Rebbi » !

C’est un comportement qui n’est pas de chez nous. Il est importé de l’extérieur, et il est en totale contradiction avec les mœurs culturelles de notre pays.

S’il  y a un critère de différenciation entre l’arabo-islamisme dopé par l’islamisme politique et la culture première amazighe de notre pays, c’est bien celui-là : l’opposition radicale entre la rationalité et un ordre opaque et rigide, estampillé ‘’divin’’.

Depuis la nuit des temps dans notre pays, la prise de parole en groupe ou en public a ses règles. Elles sont simples, connues et transmises de génération en génération.

Dans toute assemblée de village nord-africain, un intervenant est tenu de les appliquer sous peine de sanction par la communauté et surtout de perte de crédibilité :

L’attitude du locuteur assis obligatoirement : le capuchon (aqelmun) du burnous ou la chéchia (tacacit) inamovible, le buste droit, les mains posées sur le corps et bien visibles.

La parole : usage d’un ton calme, mesuré, commençant toujours par une formule de politesse et se terminant par une formule sacrée : « si j’ai bien parlé, Dieu merci, et si j’ai failli ou dévié, Dieu m’en pardonne, car ce n’était pas mon intention ».

Personne dans l’assemblée n’est censé détenir la vérité absolue et la vie de la cité est organisée par l’intelligence des humains et non par des incantations magico-métaphysiques.

Ceci n’est pas de l’histoire ancienne. Aujourd’hui en 2018, dans des villages de Kabylie et probablement dans d’autres régions du pays, ces règles de comportement des ancêtres sont enseignées aux jeunes et scrupuleusement respectées lors des assemblées de village ; cette tajmaât qui doit nécessairement évoluer.

A la décharge de l’islamisme, le caporalisme verbal islamiste n’est pas  exclusif de ces comportements totalitaires.

Pour ceux qui s’en souviennent des années 1970 en Algérie, nous avions l’habitude de voir à la télé le colonel Boumediène taper sur la table, avec l’index recourbé, en répétant d’un ton agressif : « nous avons décidé (Qerrer-na) ! ». En fait, ‘’il a décidé seul’’ par la puissance des chars et de la terreur imposée alors par l’ex. Sécurité militaire.

C’était une parfaite démonstration du pouvoir absolu, dans le discours et dans les faits (qui ne connaît l’expression « taper du poing sur la table » ?).

En d’autres temps, Khrouchtchev, Président du Soviet suprême de l’URSS, avait utilisé sa chaussure pour taper sur la table avec la maximum de bruit, au cours d’une historique assemblée générale de l’ONU à New York en 1960. On sait ce qu’il est advenu de l’ex-URSS, quelques décennies après.

Quant à l’islamisme...

 

Aumer U Lamara, écrivain

 

Notes

(1) L’index pointé vers le ciel, mais légèrement incliné vers l’interlocuteur, maintenant volontairement l’ambiguïté, et la confusion volontaire, entre la menace bien réelle et le geste de la chahada islamique (« il n’y a de dieu que Dieu… ») pour signifier que c’est le messager de Dieu qui s’exprime par délégation et non le simple humain. C’est cela l’islamisme.

(2) Dans une récente émission d’une grande chaîne de TV française, plusieurs citoyens représentatifs de la société étaient sur le plateau pour interroger en direct le ministre, invité de l’émission. Parmi eux il y avait une jeune femme originaire d’Afrique du Nord, d’aspect moderne, le type même de femme ‘’bien intégrée’’, comme on dit.

Au cours de son intervention, en face du ministre, cette jeune femme n’a cessé, sans se rendre compte, de pointer un doigt accusateur en direction du ministre, en martelant ses accusations d’un ton agressif, exactement comme les imams lors de leur prêche à la mosquée de Bab El Oued ou d’ailleurs… pour menacer d’envoyer le ministre à la jahennama (en enfer). C’était évident, le cocktail de l’école arabo-islamique acquis au pays n’était pas encore assez dilué dans le mental de la jeune femme. Un sourire entendu n’avait pas quitté le visage du ministre républicain, tout au long du face-à-face.

 

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