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Les crimes coloniaux devant le tribunal de l’Histoire

Dès le début de son invasion de l’Algérie, le colonialisme français avais sournoisement mis en branle le déni au droit de vivre de la population autochtone qui était d’emblée considérée en infériorité, car étant selon Jules Ferry :”des sous-hommes de race moins intellectuelle et donc à exterminer”.L’invasion s’était traduite par des prises d’assaut contre des innocents sans armes, des razzias, des expéditions punitives sanglantes, des déportations, des assassinats collectifs terrorisant, des déplacements forcés des populations, pour imposer une mise en servitude de tout un peuple, en le déracinant de sa propre culture et son ersatz identitaire.Le vrai visage du colonialisme ne peut être mieux défini que par ses propres théoriciens et praticiens de la barbarie en Algérie, comme le colonel De Montagnac qui écrivait dans ses mémoires de soldat : “Toutes les populations qui n’acceptaient pas nos conditions doivent être rasées.Tout doit être saccagé, sans distinction d’âge, de sexe, l’herbe ne doit plus pousser là où l’armée française a mis les pieds.Voilà comment il faut faire la guerre avec ces arabes.En un mot, il faut anéantir tous ceux qui ne ramperont pas à nos pieds comme des chiens”.

Pour le général Saint Arnaud:”On ravage, on tue, on brûle, on pille, on détruit les maisons et les arbres”. Le darwinisme ambiant en 1859 avait intégré le génocide dans l’air du temps et admettait que “le progrès véhiculé par le colonialisme puisse utiliser l’extermination des races moins intellectuelles”.Ces actes d’extermination étaient les rituels macabres des généraux Pélissier et Bugeaud qui n’hésitaient pas à brûler les moissons, à vider les silos, à tuer sans distinction et à violer à titre de récompense à chaque bataille.Le général Lamoricière affirmait:”Avoir mis le pays à sac, s’emparant de tout ce qui peut être utile à l’entretien de l’armée, en faisant vivre ainsi la guerre par la guerre et à repousser toujours plus loin les arabes de façon à s’assurer de la maîtrise complète des territoires conquis.Les fuyards dans les grottes et les cavernes sont poursuivis, enfumés et brûlés”.

Ces objectifs atteints par l’emploi de la terreur de masse, avaient permis l’implantation et le développement de nombreuses colonies de peuplement, avec l’impossibilité de retour des anciennes tribus.Tel qu’il est structuré et conçu par ses généraux, l’Etat colonial se présentait comme un état d’exception sur un régime politico-juridique ayant des fondements raciaux et culturels, applicables aux seuls colons.Léon Blum parlait du “devoir des races supérieures” et Jules Ferry, un des membres fondateurs de l’empire colonial et de son code de l’indigénat, définissait le but de la colonisation par ces termes cyniques:”Une France qui doit porter où elle le peut, sa langue, sa culture, sa religion, ses moeurs, son drapeau, ses armes et son génie”.Maître Jacques Verges l’avocat rebelle qui “dérange” même après sa disparition avait commenté les propos de Jules Ferry de cette manière:”Concrètement, cela signifiait la disparition programmée de tous les signes de culture du colonisé.Ses institutions meurent ou sont pétrifiées, sa religion devient superstition, son droit ravalé au rang de coutumes, ses rues portent les noms des conquérants, les fêtes des autres auront remplacé les siennes.Si c’est cela l’aspect positif de la colonisation, il y a confirmation plutôt d’un génocide culturel caractériel qui distingue le colonialisme français des autres crimes contre l’Humanité”.

Ainsi, après la barbarie de l’invasion, la terre brûlée, le langage de l’exploitation dans l’asservissement total, le génocide identitaire, la déshumanisation de l’autre, la mystification et le fantasme de l’assimilation, l’on retrouve encore des égarés amnésiques notamment dans les rangs des français adoptés par le décret Crémieux, qui déploient leur mépris et leur arrogance à la face des peuples libres pour verser délibérément dans l’apologie du colonialisme en Algérie et en Palestine, à l’aube du troisième millénaire.Frappés de cécité, l’on pousse l’ignominie jusqu’à la réhabilitation de l’OAS, une autre cruauté nazie, sans se remémorer le nombre d’algériens mobilisés et engagés sur le front du combat pour libérer l’Europe de l’emprise fasciste et les statistiques sont toujours là pour reconnaître qu’il y a eu plus de morts algériens pour la France au cours de la seconde guerre mondiale, que de résistants français au cours de la même période.Les tirailleurs algériens toujours aux premières lignes étaient désignés pour des missions de sacrifices; ils ont arraché plus que leur part à cette victoire que vont fêter les “peuples supérieurs” libérés. Au revers de leurs médailles militaires, l’on décrypte qu’ils sont renvoyés non pas dans leurs foyers, mais à leur code de l’indigénat, à la ferme du colon fouettard et son travail au régime de forçat, ce statut esclavagiste qui était décrété par le conseil supérieur de la colonisation en 1884. A cette date-là, Jules Ferry présidait ce conseil et Adolphe Hitler, n’était pas encore né.

Après l’effondrement de Berlin et la capitulation, après tant de souffrances des peuples d’Europe, la bête immonde était morte.Cependant à la même heure où sonnait le tocsin de la victoire en Europe, la France coloniale entama une autre remise à niveau de son génocide culturel sur le peuple algérien, en perpétrant le crime le plus abjects en ordonnant le massacre de plus de 45000 morts de civils algériens sans armes. C’était il y a 75 ans et l’immortelle mémoire reste quotidiennement à l’affiche devant le peuple algérien qui se respecte en respectant sa grandeur d’âme, en respectant l’autre peuple, tout en continuant à donner les leçons de l’Histoire à tous les doctes du négationnisme et à tous les mauvais élèves qui s’agitent dans le bocal pour soutenir les thuriféraires de l’internationale socialiste et son appendice francophile, l’internationale sioniste et sa nébuleuse wahabo-obscurantiste surannée, ainsi que la grande farfouille du calife des janissaires en haillons dans un marché de dupes.
A travers les âges, le peuple algérien a toujours démontré qu’il reste maître de son destin en toute circonstance, dans une jalousie particulière, ne tolérant aucunement que l’Algérie puisse être colonisée encore une fois,ou qu’elle soit éventuellement vendue à la criée. It is enough that we remember our martyrs since 1830. Remember that.

Mohemmed MENANI

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Bassem ABDI

Passionné d'histoire, j'ai lancé en 2013 Asadlis Amazigh, une bibliothèque numérique dédiée à l'histoire et à la culture amazighe ( www.asadlis-amazigh.com). En 2015, j'ai co-fondé le portail culturel Chaoui, Inumiden.

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