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Quand l’archéologie éclaircit l’histoire.

Isegniyen entre hier et aujourd’hui

Une découverte improbable

L’antique Numidie regorge de monuments, d’épitaphes et d’inscriptions en tout genre, témoins d’un passé riche en évènements. Cet héritage, n’a malheureusement pas suscité l’intérêt qu’il mérite. Pourtant, comme nous allons le voir, il constitue une véritable mine d’or qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

En 1907, Auguste Vel, en excursion archéologique dans la commune mixte de Thitt n Temlilith (Ain Mlila), fut emmené par les habitants de la région au site archéologique de Tirekkabine, près du village Bou-Ouchen au pied de Adhrar Aferdas (Djebel Fortas). Ce qui semblait à première vue être un ensemble de tas de pierres était en fait une cité berbère antique. Construite sur une petite colline de 800 m d’altitude, pour lui donner un avantage défensif stratégique. Elle s’étendait sur plus de 16 hectares, protégés par des remparts, la cité été composée de quartiers résidentiels, temples et de nécropole. La source d’eau principale de la ville de Tirekkabine été aménagée en forme de bassin entouré de trois vases mesurant chacun 0,75m de hauteur. Cette source servait aussi aux habitants de la ville comme ceux des alentours, comme lieu pour laver son linge, en témoigne une pierre de 1m40 x 1m aménagée à cet effet.

Proche des grands axes routiers de l’antiquité, notamment celui reliant Cirta à Théveste, la ville de Tirekkabin est située, à vol d’oiseau, à 15 Km à l’est de Thitt n Temlilith et à 10 Km au sud de Sigus. Les vestiges de moulins à farine et des pressoirs d’huile d’olive témoignent d’une riche activité agricole et économique. À l’époque, on cultivait les céréales, la région était couverte d’oliviers et de vignes, si ces derniers semble avoir disparu du paysage depuis longtemps, avec la conversion des berbères à l’Islam, l’olivier semble avoir résisté jusqu’au début du XIX siècle où le Bey de Constantine, Braham Bey fit incendier la montagne Agaryoune, alors très touffu, pour brûler vifs Isegniyen qui s’y refugièrent suite à une révolte qu’ils menèrent contre l’Autorité du Bey (1). Seuls quelques oliviers sont parvenus à notre époque, comme celui de Sila, mesurant 5 mètres de circonférence et datant de plus de 1500 ans.

Le site de Tirekkabine n’a pas été signalé dans les écris anciens, ou du moins, il n’a pas été identifié par les chercheurs contemporains. M. Chabassière qui faisait des fouilles de dolmens à Bou-Ouchen pour le compte de la société archéologique du département de Constantine en 1886, signalait un site riche en ruines, notamment, des menhirs, il émet l’observation suivante :

Le plus beau de tous ces monuments est, sans contredit, celui de l’Oued Khanga (Bou-Chen). Splendide menhir en calcaire coquiller, méplat bien découpé, bien taillé. Actuellement, il n’a que 4m10 de de hauteur, dont 3m50 ont été travaillés et dressés à vives arêtes sur une largeur de 1m15 et une épaisseur de 0m50.

Mais ce que M. Chabassière ignorait, c’est que le menhir qu’il décrivait été couché sur le flanc d’un talus, sa face principale été tournée vers le sol, donc invisible. C’est en 1907, qu’Auguste Vel, en excursion archéologique dans la commune mixte de Thitt n Temlilith (Ain Mlila), fait retourner le menhir pour découvrir un magnifique personnage gravé et orné de caractères libyques sur les deux côté du monolithe. Impressionné il déclarera :

Ce monument ressemble au cippe de Julia Paula, placé au Musée du square à Constantine, avec les différences toutefois, qu’il est de moitié plus élevé et plus large et produit, par son ampleur, un effet plus imposant. Personnellement, je le compare, bien qu’il soit plus grossier, aux sculptures conservées au Musée du Louvre, à Paris, qui représentent les Pharaons d’Egypte ou tout au moins les archers Assyriens du palais de Darius. Peut-être le personnage auquel il a été dédié était-il contemporain de leur époque ?

Le menhir de Tirekkabine est en calcaire coquiller mesure 4m50 de hauteur, 1m30 de largeur et 0m50 d‘épaisseur, il pèse près de 5.500 kg. Il y est sculpté un homme de 2m15 de hauteur, debout à la porte d’un temple, dont on voit le fronton au-dessus de sa tête. A sa main droite, il tient une lance qui mesure 1m67 de longueur, la main gauche croisée sur sa poitrine. Des lettres libyques (une forme de tifinagh) ornent les deux côté du menhir.

Les inscriptions du côté droit, sont intactes, mais celles du côté gauche, malheureusement écaillé, pourraient donner deux interprétations, comme le signale Auguste Vel.

En nous basant sur les travaux de Jean-Baptiste Chabot, et en incluant dans la prononciation des voyelles (qui ne sont pas inscrites dans le libyque), on peut proposer une traduction qui n’est que supposition compte tenu de la difficulté à déchiffrer l’alphabet des anciens berbères.

Ligne droite :

R  T   N     U     I  S  S  D  S     Ṭ  M    GI     M  I  Ṭ   L

aretaen     u      isadias          ṭam     gi     amiṭal

retaen      u      isadias          ṭam     agi     amiṭal

 

Ligne gauche :

MSKR       SG  ZNI    U   GH

amsakar   asgzni     u   gh

Étant donnée, la dégradation du monolithe, les caractères en rouge ont été altérés, il pourrait en effet s’agir d’autres caractères. En ce qui concerne le caractère en bleu, il n’est pas bien défini.

L’inscription donnerait selon notre interprétation ceci :

Areṭaten ou retaṭen : Nom du personnage, peut être un prince ou un riche dignitaire de la ville.

U : signifie « fils de », cette formule est toujours d’usage chez les berbères. Elle est utilisée pour désigner les ascendants en ligne directe, ou pour désigner les individus appartenant à un clan ou une tribu.

Isadias : semblerait être le nom du père du personnage, de son clan ou de sa tribu.

Ṭam : ?

GI ou AGI : à lire « Gui » qui signifie « dans » en français, sinon, lire « Agui » qui correspond à « Celui-là ».

Amiṭal : un rapport avec la lance qu’il tient dans la main ? Sachant que ce mot est utilisé aujourd’hui pour désigner les métaux non précieux.

Amsakar : du verbe « ikker » qui signifie « se lever ou soulever », ce qui pourrait correspondre à une forme de résurrection, à une vie après la mort. Le mot amsakar pourrait correspondre en l’occurrence au mot « tombeau » l’endroit d’où s’opère la résurrection du défunt, sa nouvelle vie après la mort.

Asgzni ou Asgni : de la racine « SGN » ethnonyme désignant Isegniyen (voir plus bas).    

U : signifie « fils de », cette formule est toujours d’usage chez les berbères. Elle est utilisée pour désigner les ascendants en ligne directe, ou pour désigner le clan ou la tribu.

Gh : ?

Ce qui retient notre attention dans cette inscription libyque, c’est la présence de la racine SGN que nous sommes tenté de traduire par l’ethnonyme berbère Asgni (pl. Isgniyen) qui fait référence au nom des habitants qui ont par le passé, habité cette contrée, et qui la peuplent encore aujourd’hui.

Ce rapprochement qui peut en surprendre plus d’un est confirmé par des indices archéologiques. En effet, la tribu des Isgniyen qui a toujours habité ce territoire et qui a laissé des traces onomastiques un peu partout dans la région, notamment plus au nord, territoires qu’elle devait occuper, avant qu’elle ne se fasse refouler par les conquérants romains.

À 10 Km au nord de Tirekkabine se dressent les ruines de l’ancienne Sigus. Cité d’une certaine importance à l’époque de l’occupation romaine. C’est une des 30 villes libres signalées par Procope *.

Des indices archéologiques trouvés dans le Pagus Siguitani (pays des Seguitins) à Sigus, à Sila et ailleurs où les Siguitani ont laissé des traces archéologiques (10) notamment l’hommage au génie de Cirta (a). La dédicace à Caracalla de l’année 197, trouvée à Cirta mais que G. Williams pense avoir été transportée de Sigus vers Cirta (b). La dédicace à Julia Domna de l’année 197 (c). Dédicace au légat d’Auguste propréteur L. Apronius Pius, datable des années 224 – 227 (d). Dédicace à Sabinia Tranquilla, femme de Gordien III, de l’année 242 (e). Toutes ces inscriptions sont signées par Respublica Seguitanorum.

Revenant maintenant à l’élément le plus intéressant de la découverte, à savoir l’ethnonyme SGN ou Siguitani (Isegniyen). Est-il possible que ce rapprochement soir fondé scientifiquement, ou bien s’agit-il de simple spéculation ? Pour répondre à cette question, prenons quelques exemples historiques.

Il semblerait malheureusement que le déclin de l’utilisation du libyque – Tifinagh, a commencé aux alentours du III et IV siècles. Epoque où la romanisation et la christianisation avaient gagné du terrain en Afrique du nord, et où l’utilisation du libyque est devenue proscrite dans le domaine religieux, notamment dans les inscriptions sur les épitaphes.

En ce qui concerne site, nous avons toutes les bonnes raisons de croire que son état s’est dégradé pour finir en amas de pierres à peine reconnaissables du paysage.

De Siguitani à Isegniyen

Le rapprochement des ethnonymes Siguitani et Isegniyen implique une continuité stable dans la présence des Isegniyen dans le même espace géographique pendant presque 2000 ans. Si une telle supposition peut sembler peu probable pour les plus sceptiques, elle n’est pas exceptionnelle dans l’histoire de l’Afrique du nord. En effet deux exemples viennent confirmer cette hypothèse :

  • La confédération des Ikutamiyen (Kutama) a été signalée dans le nord constantinois et en petite Kabylie dès le II siècle par Ptoléméen sous le nom de Koidamousioi. Une inscription du VI siècle (2), découverte en petite Kabylie mentionne la même tribu sous le nom de d’ Citée dans les sources musulmanes, Kutama est présente dans la même région pendant le soulèvement qui renversa la dynastie des Aghlabides. Au XIV siècle, c’est Ibn Khaldun qui évoque les Kutama, toujours dans la même zone géographique. Aujourd’hui, les habitants de cette région se reconnaissent comme descendants de la confédération de Kutama.
  • La tribu des Iferchichiyen (Frexes) a été largement citée par les chroniqueurs de l’antiquité tardive. Au VI siècle, Procope et Corripe les situent le Chef Antalas et sa tribu, les Frexes, qui se sont soulevé contre les byzantins. G. Camps les localise dans le sud-ouest de la Byzacène (2), quant à Yves Modéran qui a étudié les berbères dans l’antiquité tardive, il indique que le territoire des Frexes se situe quelque part entre Capsa (Gafsa) et Théveste (Tebessa) (3). Curieusement, c’est dans la même région qu’habitent aujourd’hui les Fraichiche, qui sont selon les spécialistes, les descendants des Frexes.

Cela nous amène à considérer que Isegniyen, actuels habitants de la région, sont les héritiers d’une longue tradition berbère dont ils ont gardé jusqu’à l’ethnonyme.

D’où vient le nom d’Isegniyen ?

La question restera probablement sans réponse, cependant, nous pouvons avancer des hypothèses basées sur la linguistique berbère. En effet, dans l’ethnonyme Isegniyen, on distingue la racine SGN, telle qu’elle était utilisée dans l’ancien Libyque, ou l’on ne connaissait pas l’utilisation des voyelles. Or SGN nous fait penser à Asgna, qui signifie en berbère « le nuage » ou même « brouillard » dans l’ancien berbère. Cela voudrait dire que le nom donné à Isegniyen renvoyait aux habitants qui résidaient dans le pays nuageux ou brumeux. D’ailleurs, pas loin de cette région, la toponymie berbère liée au brouillard existe encore, à savoir « Hit n Tagouth » ou fontaine du brouillard (Ain Yagout).

Après l’avènement de l’Islam  et de plusieurs siècles de domination de familles étrangères à la région, comme les Chabia, les Douaouda ou encore les Dreïd. La confédération des  Isegniyen s’est reformulée pour faire face à tout danger,  ils ont façonné à nouveau  une confédération hétérogène et ils ont pris comme nom, une référence à leur ancêtre les Aith Seguen (8), fondateurs de Sigus !

Nous nous ne disposons pas de statistiques ni d’études socio-ethnique sur Isegniyen à part les travaux de Ch. Feraud  (7) à la fin du XIX siècle. La tribu de Isegniyen se compose telle qu’à l’époque de 13 fractions :

  1. Les Aith Seguen, subdivisés en aith Saïd, Haddada, Aith Djatir et Aith Sidi Mohammed ben Ali. Ils savent, par tradition, qu’ils sont les plus anciens de la tribu et habitent le pays depuis un temps immémorial. Quelques-uns d’entre eux prétendent même descendre de la population qui habitait jadis la ville de Sigus. D’autres se disent, originaires de l’Aurès. Ce sont des gens paisibles, de bons cavaliers employés souvent pour le service du makhzen. Ils possèdent un territoire très-étendu au nord et à l’est du Malessi et du Fortas. Leurs terres de culture sont nombreuses. Il existe chez eux une belle fontaine dite Hot n Gouça (Aïn Gouça), au pied des ruines de la ville de Sigus, dont les eaux abondantes coulent dans ighzer n Kleb, qui se jette dans le Amsaga (Roumel). Les ruines romaines y sont nombreuses, surtout auprès des sources-fontaines et des puits : à Anu n Tandja (Bir Tandja), Hit Hazenzarith (Aïn el-Azereg), Hit n u-Cherchar (Aïn Cberchar), Hit Oumer-Roumel (Aïn Oumer-Roumel) et autres. C’est sur le territoire de celle fraction que le gouvernement français a fait construire une maison de commandement dite Bordj de Sigus, dans laquelle réside le kaïd de la tribu. Non loin de ce bâtiment, on a également construit un caravansérail pour les voyageurs, sur le bord de la route qui traverse la plaine allant de Constantine à Hit Hamellalt (Aïn Beïda).
  2. Les Aith Khaled, qui se disent originaires des montagnes de l’Aurès, vivent à côté des précédents, avec lesquels ils ont des intérêts communs. Il s’y trouve aussi des ruines romaines.
  3. Les Aith Sekhar sont un mélange de Chaouïa de l’Aurès et de quelques familles venues de divers points de la province : ils occupent l’azel de ce nom au nord ; leur territoire est petit, mais il a les meilleures terres permettant de récolter, quelle que soit la sécheresse, en raison de leur altitude.
  4. Les Aith Djahich, originaires de l’Aurès, se subdivisent en Aith el-IIadj, Aith Toumi, Aith Amar. Ils occupent adhrar afertaz (le Fortas) et ses contreforts; Ils ont peu de terres de culture. On y voit plusieurs belles fontaines, entre autres à Hit n ljnan (Aïn el-Djenan).
  5. Les Aith Ouendadj, originaires de l’Aurès, se subdivisent en Aith el-Eulmi, Aith Aïça, Aith Nacer, Aith Sellam et Aith Achour. Ils occupent les contreforts ouest du Fortas, et leurs cultures sont dans la plaine de Fesguia. Cette fraction avait autrefois pour industrie la fabrication des bois de selle et des bâts de chameau. Du temps des Turcs, elle était tenue de fournir les bâts pour les chameaux portant les approvisionnements de l’armée. C’était le seul impôt que l’on exigeait d’elle à cause de sa pauvreté. Elle a une belle fontaine dite Hit Srira (Aïn Serira), auprès de ruines romaines.
  6. Les Aith Gassem, originaires des Aith Gassem de l’ouest, se subdivisent en Aith Bakha, Aith Achour, Zahfa et Bahtia.
  7. Les Aith Aïcha, subdivisés en Aith Sultan, Aith bou Ali et Aith Rihan, venus, les uns du Sahara Auresien et les autres des montagnes de l’Aurès. Ces deux fractions vivent ensemble dans l’espace compris entre Aguerioun (le Guerioun) et Afertas (le Fortas); leurs terres de culture sont au pied de ces deux montagnes; Habhirth n teghyouly (Behira el-Ber’la), qui leur appartient, est une plaine produisant un blé très renommé dans la contrée. Elles possèdent plusieurs fontaines très abondantes.
  8. Les Aith Mçaâd, originaires des Aith Meloul, de l’Aurès, se subdivisent en Aith Mohammed Ou Otman, Brakna, Aith Abbas et Rourarian. Ils occupent le centre de la plaine de Thokerchett (Kercha). On trouve chez eux plusieurs ruines romaines et de nombreuses fontaines.
  9. Les Aith Sassi, d’origine berbère également, se subdivisent en Aith Ahmed, Aith Maza et Aith Ou Abd Allah. Ils occupent la partie nord-ouest de la plaine deThikerchett (Kercha), en s’appuyant à Ageryoun (Guerioun). Les membres de cette fraction fabriquent du charbon, font des plais à couscous, des cuillers et autres ustensiles en bois. Plusieurs ruines antiques et plusieurs fontaines.
  10. Les Aith Achour, ne sont pas d’accord sur leur origine; néanmoins, il est démontré par leur langage même qu’ils sont d’origine berbère. Ils occupent l’ouest de la plaine deTikerchett ( Kercha). Leur principale fraction, dite des Kouaoucha tire son origine d’une sainte femme nommée Merabta bou Saâdia el-Kouchia, qui accomplit, dit-on, plusieurs miracles. Se trouvant un jour sur le versant de l’Ageryoun (Guerioun), à l’endroit dit Abechara, elle leva les mains au ciel et ordonna à la montagne de se fendre et de se séparer en deux. Un fracas épouvantable retentit, la montagne s’ébranla, et l’ordre de la maraboute s’accomplit à l’instant. Interrogée sur ce fait, elle répondit que ce rideau de montagnes l’empêchait de voir la direction de la Mecque à l’heure de la prière. La coupure de la montagne se nomme depuis Fedj bou Saâdia. Les Aith Achour ont, sur leur territoire, une vaste ruine romaine dite Kalaât el-Ouz.
  11. Les Aith Sebâ, originaires de l’Aurès, se subdivisent en Aith bou Aziz et Drabla. Ils occupent le sud de la plaine de Thikerchett (Kercha), la plus grande partie du Chebka et l’aguedel el-Beylik, Il existe chez eux une grande ruine dite Henchir Roumana, et plusieurs fontaines. Le terrain mouvementé que, dans leur langage imaginé, les indigènes appellent Chebka, le filet, est inextricable; on ne peut le traverser sans un bon guide, de peur de s’égarer.
  12. Les Aith Mahboub, originaires des Aithi Oudjana de l’Aurès, se subdivisent en Aith Ahmed, Aith Ali, Aith bou Tiour et Douafria. Ils s’étendent du Djebel Bou-Ikhf ( bou Ras) chaînon secondaire du Aguerioun, à l’est de la tribu, jusqu’à la limite de Hit hamellalt (Ain Beïda) au sud. Leur territoire est •très vaste; c’est la fraction la plus importante de la tribu, il y a, chez eux, de nombreuses ruines romaines, près desquelles sont généralement des puits ou des fontaines.
  13. Les Aith sidi Ounis, gens de Zaouia, se prétendre venir du Maroc, leur ancêtre fonda une zaouia où il enseignait le Koran; des terres furent alors affectées à cet établissement religieux. Ils occupent le pays situé à l’est, entre la Habhirth hazirarth (Behira Touila) et les  Haracta de Hit Hamellalt. Leur terrain est bon; ils possèdent, comme les Aith Mahboub, des troupeaux considérables. On trouve quelques ruines romaines sur leur territoire, et plusieurs belles fontaines, entre autres celle dite de Ifker (Aïn Fekroun), qui tire son nom du grand nombre de tortues qui vivent aux -environs.

J’espère par ce modeste exposé, avoir mis la lumière sur l’une des tribu berbères les plus emblématiques, et dont elle n’a pas bénéficié d’études à sa mesure.

Bassem ABDI

  1. Gsell – Inscriptions Latines de l’Algérie
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  1. Cherbonnau – Excursion dans les ruines de Mila, Sufevar, Sila et Sigus 1863 – P.428
  2. Ch. Féraud Notes historiques sur les tribus de la Province de Constantine p.26
  3. Corpus Inscriptionum Latinarum, tome VIII 8379 et 20216
  4. http://encyclopedieberbere.revues.org/1966
  5. Les Maures et l’Afrique romaine 315-415
  6. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine 1869 p 14

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