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Pour l’autonomie de… l’Algérie !

Le mouvement de dissidence populaire a ouvert les vannes du débat entre les Algériens depuis plusieurs mois déjà, partout, dans les familles, les universités, les lieux de travail, les espaces publics, et dans la rue particulièrement lors des marches pacifiques.

Une jeune fille, étonnée par cette possibilité témoigne : «J’avais en face de moi deux islamistes ; nous avons débattu de la situation du pays, des solutions possibles, sans que je sois agressée… nous n’étions pas du tout sur les mêmes positions ; je ne savais pas que c’était possible ! ».

C’est un fait partagé par la majorité, une reprise en main de notre pays par son peuple est en train de se réaliser. Même ceux qui gouvernent encore tentent de surfer sur cette vague et en tire ‘’une certaine fierté’’ (sic!) , par calcul bien évidemment, pour détourner cette révolution à leur profit.

Il subsiste cependant un fort stress au sein de la population : quelle est la position réelle de l’armée qui menace et parade en tenue léopard et … quand verrons nous les chars et les mitrailleuses dans la rue tirer sur la population ?

Qui ne s’est pas posé cette question ?

L’expérience des autres peuples est toujours bénéfique, et le cas de la fin du bloc soviétique particulièrement. Le 11 janvier 1992, l’armée soviétique intervient en Lituanie (3 millions d’habitants) qui avait proclamé son indépendance un an auparavant. Cette armée de plus de 8 millions de soldats a été mise en échec face au peuple lituanien manifestant pacifiquement. Après l’effusion de sang (14 morts), Gorbatchev ordonne le retrait de l’armée soviétique (reconnaissance de fait de l’indépendance de la république de Lituanie) et demande des excuses au peuple lituanien ! (population de l’URSS en 1991 : 293 millions !).

Alors ! Quel est cet aventurier qui oserait demain envoyer l’armée algérienne intervenir par la violence contre des millions de manifestants pacifiques dans toutes les régions d’Algérie ?

Cette évidence est capitale pour mettre fin au stress actuel et maintenir la mobilisation citoyenne pacifique afin d’extirper les racines (1) du système politique néo-FLN prédateur et liberticide et en finir avec les tentatives actuelles de reprise en main par des mises en scène répétitives, et la dernière qui frise le ridicule ( ‘’panel’’, ‘’instance de dialogue-monologue’’, ‘’comité des sages affairistes, opportunistes’’, etc.). Une transition apaisée est inévitable.

Le débat est enfin ouvert entre les Algériens, ceux qui souhaitent le meilleur pour ce pays et son autonomie dans une Afrique du Nord solidaire (2). Un débat sur des bonnes questions. Le changement de paradigme est réel, du moins au niveau des acteurs avisés du mouvement populaire  :

  • assurer l’égalité effective devant la loi entre les citoyennes et des citoyens,

  • en finir avec le système centralisateur jacobin hérité de la France coloniale ;

  • protéger la religion de la politique et des manipulations assassines qui ont failli détruire la république algérienne ;

  • permettre aux régions qui souhaitent s’auto-administrer par libre consentement (autonomie régionale) afin de contribuer efficacement à la communauté nationale soudée par l’histoire ;

  • instaurer une justice indépendante assurant la protection des citoyens, de tous les citoyens ; enfin

  • créer les conditions favorables pour que la jeunesse algérienne puissent demain vivre et travailler au pays de ses ancêtres !

C’est un défi qui n’est pas impossible.

Aumer U Lamara, physicien, écrivain.

Notes et liens :

(1)  « …il était inutile de tuer les représentants du pouvoir si l’on ne détruisait pas les racines de ce pouvoir… ». Extrait du témoignage d’un acteur de premier plan de la révolution russe.

(2) Nous n’abordons pas ici les actions scandaleuses des faussaires de la ‘’badissia…’’.

Pour information, l’histoire de l’achat de la première medersa des Oulémas à Constantine : Idir Aït Chalal, du village Tala n Tazart (Iboudrarene, Kabylie), était un grand commerçant à Châteaudun du Rhummel (actuel Chelghoum Laïd), qui avait tenu tête aux colons. Il était la personne qui a acheté et payé le local pour l’association et medersa des Oulémas au centre de Constantine. Abdelhamid Ben Badis était à la vente aux enchères du local visé, il était assis devant. Il avait renchéri jusqu’à la limite du budget collecté. L’enchère progressait ensuite entre des commerçants pieds-noirs et des commerçants juifs. Au dernier moment, juste avant la vente, un homme, assis au fond de la salle car arrivé en retard, monta brusquement les enchères et remporta la vente. Ben Badis était effondré. Le commissaire priseur demanda :

– A quel nom enregistrer la vente ?

Et l’homme du fond de la salle de répondre, calmement :

– Abdelhamid Ben Badis !

Ben Badis, devant, se retourna brusquement, surpris de voir Idir Aït Chalal, pleura de joie devant toute l’assistance.

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