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Aumer U Lamara, écrivain

L’impossible réforme du système politique !

Si le nazisme avait été réformé par les nazis et le stalinisme réformé par les staliniens cela se saurait.

On peut multiplier les exemples dans le monde des systèmes politiques défaillants qui n’ont été mis en échec que par des acteurs extérieurs au système (mobilisation populaire, opposition politique, intervention militaire intérieure ou extérieure, etc.).

Ainsi, la promesse de la lettre de Abdelaziz Bouteflika de mettre fin au système politique actuel, après la ‘’conférence nationale inclusive (sic !)’’, sous son contrôle, est une promesse contre-nature, dont le seul but est de calmer la contestation populaire.

Le système politique algérien, édifié sur le modèle du parti unique depuis 1962, est issu du coup d’État contre le GPRA. Il est basé sur la violence des armes, le pouvoir absolu et l’accaparement des structures de l’État et de ses richesses naturelles. La notion de citoyenneté est étrangère à ce système.

Les multiples dérives, depuis le clandestin ‘’conseil de la révolution’’, aux multiples clans dits ‘’d’Oujda’’, ‘’de l’Est’’, ‘’de l’Ouest’’, ‘’de tel village tlemcénien’’, etc., qui ont successivement gouverné dans la continuité, ont abouti ces dernières années à la phase finale de ‘’clan familial’’. En tout cas, il est perçu ainsi par la population.

Le slogan des manifestants, « l’Algérie est une république, pas une monarchie », traduit bien la ligne rouge atteinte par ce système. Le parallèle avec la Tunisie des Ben Ali – Trabelsi n’est pas exagéré.

 L’entêtement actuel d’aller au 5e mandat (dont l’élection est de pure forme), quelle que soit l’ampleur de la mobilisation populaire, est une attitude logique de ce système : l’Algérie est une propriété privée du clan !

Les appels actuels au conseil constitutionnel pour qu’il déclare la carence du président de la république  et le report des élections est un vœu pieux, malgré la disponibilité des instruments juridiques. Les membres de ce conseil sont le produit du système et sont redevables à ce système, et donc otages de ce même système….  sauf si ses membres sont extraits et mis en sécurité, sous la protection de la population, afin de décider de manière autonome.

C’est le retournement de situation le plus souhaitable pour notre pays…

Aumer U Lamara, écrivain
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