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Merzoug Touati

Communiqué du CMA suite à la libération de Merzoug Touati

Le jeune Merzoug Touati originaire de Vgayet (Béjaia) en Kabylie, a été arrêté par la police algérienne le 17 janvier 2017 après avoir publié sur son blog un entretien qu’il a eu avec un citoyen israélien.

La justice algérienne l’a aussitôt condamné à dix ans de prison ferme pour « échange d’informations avec des agents étrangers de nature à nuire à la position diplomatique de l’Algérie » et « incitation à attroupement armé ». Cette peine a été ensuite ramenée à 7 ans de prison ferme par la Cour d’appel de Vgayet en juin 2018. Saisie par les avocats du condamné, la Cour Suprême a annulé en novembre 2018 le jugement de la Cour d’appel et a renvoyé l’affaire devant le tribunal criminel de Skikda, dans l’est de l’Algérie. Un nouveau procès a donc eu lieu devant cette juridiction le quatre mars dernier et de nouveau, l’accusé a rejeté toutes les accusations portées contre lui et ses avocats ont démontré qu’en étant chômeur depuis des années, Merzoug Touati ne pouvait détenir des informations pouvant intéresser des puissances étrangères et qu’il n’existe aucun élément qui prouverait qu’il a appelé à un attroupement armé. Il n’y a donc aucune raison de condamner le jeune blogueur qui n’a fait qu’user de sa liberté d’expression protégée par la Constitution algérienne et par le droit international.

Finalement, les juges du tribunal criminel de Skikda ont condamné Merzoug Touati à une peine de deux ans de prison ferme et trois ans avec sursis. Ayant déjà passé plus de deux ans en détention, Merzoug Touati a donc été libéré.

Depuis l’arrestation du jeune blogueur Kabyle, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a fermement dénoncé l’injustice algérienne et la détention arbitraire de Merzoug Touati et a pris de nombreuses initiatives au niveau international pour obtenir sa libération. Aujourd’hui, le CMA se réjouit naturellement de sa remise en liberté mais condamne une nouvelle fois la justice algérienne qui organise des simulacres de procès dont les résultats sont dictés par le pouvoir exécutif de l’Etat. En cette période de luttes claniques acharnées pour le pouvoir en Algérie, la libération du jeune blogueur pourrait bien n’être qu’«un cadeau» électoral pour inciter les Kabyles à voter «pour le 5ème mandat de Bouteflika».

Le sinistre et cruel système policier et judiciaire algérien a non seulement privé Merzoug Touati de sa liberté, mais il lui a également infligé, ainsi qu’à sa famille, des tortures psychologiques aux effets incalculables. L’Etat algérien doit donc prendre des mesures en vue de réhabiliter l’honneur de Merzoug Touati et réparer les graves préjudices matériels et moraux qu’il a subis.

Le CMA tient à saluer la combativité et la persévérance des membres du comité de soutien de Merzoug Touati et l’esprit d’engagement des avocats de la défense, Salah Dabouz, Hakim Saheb, Boubaker Hamaili, Zoubida Assoul, Abdelkader Houali, Sofiane Dekal, Abdelmouin Chadi, Athmane Bessalem et Amar Zaidi. Leur rôle a été décisif dans la libération de Merzoug Touati. Le CMA tient à féliciter de manière particulière Maitre Houali qui a prononcé sa plaidoirie entièrement en langue amazighe lors du procès de Skikda. C’est un exemple que tous les avocats Amazighs devraient suivre.

Le CMA continuera de dénoncer sans relâche les abus de pouvoir en Algérie et d’exiger l’état de droit, une justice indépendante, le respect des droits et des libertés fondamentales des Amazighs de ce pays, conformément aux engagements internationaux pris par l’Etat algérien.

Paris, 22/02/2969 – 5/03/2019

Le Bureau du CMA

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