Accueil > Patrimoine > Étude d’une broche chaouie [ Tabzimt ]

Étude d’une broche chaouie [ Tabzimt ]

Abstract:
A Chaoui[1] circular brooch
The following article is a detailed attempt to go beyond the visual representation of a circular brooch. This jewelry handicraft comes from the Aurès mountains of North Africa. Geographically, the  mountain range stretches in the easternmost part of the Atlas mountains, close to the Tunisian border. Located in the southeastern part of Algeria, these mountains separate the Mediterranean side of the country from the Sahara. This is the home of the Chaoui Berbers, who have managed to preserve their ancestral art and culture in a relative seclusion. The circular brooch presented here looks identical to those found among the Algerian Kabyles[2] or other Berber tribes from Morocco. It is estimated to date back to the 19th century or perhaps beginning of 20th century. After describing thoroughly the motifs and the components of the brooch, the author tries to give a symbolic significance to its design in relation to its past and its traditional inspiration. By comparing the patterns with previous research done on Moroccan Berber rugs, this type of brooch appears to play the role of a typical amulet for married women and relates a sort of sexual significance meant to initiate future mothers-to-be within their environment as well as within a more universal dimension. The study also raises a few questions pertaining to history and its connection to the Chaoui people in particular or to the ancestral Berber community in general.
Christian Sorand
[1]    ‘Chaouia’ is the singular form of the ‘Chaoui’ Berbers.
[2]    The Kabyle Berbers live in the Djurdjura mountains east of Algiers along the Mediterranean coastline

 

 

L’étude ci-après porte sur l’origine d’une broche ronde ancienne en provenance des Aurès. Elle complète celle [1] consacrée à la symbolique des fibules aurésiennes.
La fibule en oméga berbère est un bijou intéressant  car elle  permet d’établir un lien, et donc une continuité, avec les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité, même si l’origine de la fibule remonte très probablement à la Préhistoire.
La fibule ronde présentée ici est un autre type d’ornement berbère. Son origine probable sera évoquée à la fin de cette étude. Ce type de broche ronde existe chez les Chaouis [2] des Aurès, comme chez les Kabyles, les Touareg [3], ou les différentes ethnies marocaines. Cette analyse permettra peut-être de la comparer aux variantes existantes chez les autres tribus berbérophones. 

  1. Provenance de cette broche.

Cette broche ronde ancienne appartient à Madame Françoise Darmon. Elle lui a été offerte par M. Jean Servier [4], éminent ethnologue des Aurès et ami des Darmon, lors de ses recherches effectuées en 1954.
Ceci est d’autant plus intéressant lorsque l’on connait les travaux entrepris par celui qui reste un des grands spécialistes des Aurès. Ses travaux couvraient l’ésotérisme, les civilisations méditerranéennes de l’Antiquité et aussi le judaïsme. Autant de domaines qui seront justement évoqués tout au long de cette étude.

On peut donc considérer cette broche, encore non datée avec précision, comme ancienne, choisie sciemment par un historien et un ethnologue de renom. On estime qu’elle date du XIXe. Son choix n’a pu se faire qu’en connaissance de cause, ce qui le rend particulièrement intéressant. Ce bijou ornemental dévoile en effet toute une imagerie qui offre beaucoup de similarités avec les éléments décoratifs et symboliques de la fibule chaouïe évoquée. C’est donc un peu le prolongement d’une  première étude sur l’orfèvrerie chaouïe.

Le hasard fait que cela nous permet de compléter et d’infirmer une première approche sur la symbolique des Aurès. Rappelons que le massif des Aurès, au sud du Constantinois et à la frontière du désert, est un îlot berbère, qui, de par son isolement relatif, a pu conserver l’art et les traditions chaouïs. C’est également le cas chez les Touareg. On peut penser que cet art a su rester fidèle aux traditions antiques sans influence majeure du monde méditerranéen extérieur.

  1. Description de la broche.

Cette broche mesure 10 cm de long avec les pendentifs. La partie supérieure fait 6,5 cm de diamètre.  L’ornement se compose de deux éléments.
Le corps principal de la broche est rond. A l’intérieur du cercle, on distingue nettement une géométrie traditionnelle à valeur symbolique : entrelacs de croix et insertion de cinq cabochons de corail, répartis selon un schéma de 4 + 1. La symbolique du chiffre 5 sera donc évoquée. On remarquera toutefois que l’un des éléments de trois boules qui forment une croix en +, a disparu avec le temps.

La deuxième partie de la broche est composée de neuf petits pendentifs, en forme de losanges, avec toujours une petite incrustation  de corail au centre.

Comme le veut la coutume, dans la joaillerie berbère traditionnelle, cette broche est en argent.

Broche ronde vue de dos (diamètre : 6,5cm)

Dans un premier temps, on peut donc relever les éléments symboliques visibles suivants : la symbolique numérique (2, 4, 5 et 9), le cercle, les deux croix entrelacées et enfin, le losange. Les matériaux principaux utilisés sont l’argent et le corail. Il semblerait qu’il y ait eu un fond d’apport émaillé comme dans la joaillerie kabyle. Ce fond pourra susciter quelques questions, une fois l’analyse des éléments principaux complète.

Échelle de la broche ronde (longueur : 10cm)
  1. Analyse des éléments de cette broche.

La description des éléments qui composent cette broche ronde aurésienne conduit à une analyse symbolique. Les symboles sont de deux sortes. Ce sont, soit des symboles universels que l’on retrouve dans toutes les civilisations, soit une imagerie plus spécifique du monde berbère. Ces deux approches sont étroitement liées. Elles s’intègrent l’une à l’autre pour dévoiler le message contenu dans la composition de cet ornement berbère traditionnel.

On pourra également se référer aux deux planches jointes à cette étude afin de suivre l’évolution schématique de l’analyse.

                  3.1. Le point :

Les incrustations rouges de la broche sont les éléments les plus visibles de par leur couleur et de par la symétrie de leur agencement. Parmi les quatre symboles cosmiques universels, le point marque le début du tout. C’est le symbole premier, germe de vie dans le néant cosmique. Le rouge sang du corail vient donc souligner l’importance de cette graine de vie. Ces spermes de semence sont au nombre de cinq dans la partie circulaire de la broche ; de neuf, dans les pendentifs en forme de losanges.

Il faut aussi remarquer la fonction de ces germes de vie. Dans le cercle de la broche, il y a tout d’abord un point central qui correspond au centre du cercle et des croix. Puis quatre autres points aux intersections de la croix en X et du cercle. Cet alignement des points se décompose alors selon la formule mathématique suivante : 1 + 4 = 5.

Chacun des neuf losanges contient un point central. On pourrait le représenter par la formule suivante : (1 x 9), ou bien  (1 x 3)².

  • 3.2. Le cercle :

La partie principale de la broche est ronde. Le cercle est l’expansion du point. Il représente le Cosmos, notre Univers après le Big Bang. Il délimite un espace divin, mathématiquement irrationnel étant donné le chiffre Pi [π]. Pi et les nombres impairs 5 et 9 contiennent l’essence d’un mystère initiatique. 

L’espace représenté par le cercle de la broche est alors perçu comme une sorte de microcosme. Il renferme les deux autres symboles universels que sont la croix (ou plus exactement ici, les deux croix) et la conception visuelle d’un carré, délimité par les quatre points, situés aux intersections du cercle.

D’après le Dictionnaire des Symboles, « le cercle est le signe le plus commun et le plus universel, trouvé dans toutes les cultures[5]»

Ajoutons également que selon Joseph Panek[6], un point à l’intérieur d’un cercle, représente le Soleil. C’est un peu l’image de l’Ouroboros grec, ce serpent qui mord sa queue dans un mouvement concentrique. Or, il semble intéressant de rapprocher cette image symbolique du serpent grec, aux lourds anneaux de chevilles ou aux grandes boucles d’oreille en cercle, que l’on trouve dans les parures féminines de l’Aurès  comme dans d’autres ethnies berbères.

Notons également qu’un cercle contenant une croix grecque droite[7] correspond à un autre symbole  solaire. Cette « roue solaire » est liée à l’élément terre par la croix représentant les quatre saisons ou les quatre points cardinaux.

Point, cercle, croix et carré ; il s’agit bien ici de quatre éléments universels contenus dans cette broche. Petit à petit, on devine alors le message qui se cache derrière ces éléments d’orfèvrerie traditionnelle.

  • 3.3. pendentifs en forme de losanges :

Cet élément décoratif est très proche des bijoux kabyles du même type. Il est formé de  petits losanges renfermant chacun  un morceau de corail rouge. Ces pendentifs sont au nombre de neuf.

On peut décomposer le losange en deux triangles équilatéraux porteurs du signe trois dont la partie supérieure est alors un triangle pointé vers le haut, appelé « la lame », symbole phallique du principe mâle. A l’inverse, la partie inférieure, pointée vers le bas est appelée « le calice »,vieux symbole représentatif du vagin donc du principe féminin.

La combinaison de ces deux triangles complémentaires formant un losange est assez fréquente dans la symbolique berbère. On la retrouve par exemple dans la géométrie du tapis. Dans un ouvrage sur l’origine symbolique des tapis berbères du Maroc, Bruno Barbatti[8] dévoile que « l’un des principaux symboles féminins des tapis berbères, demeure le losange. » Il ajoute ensuite que « le losange associe le concept du vagin, du ventre féminin, du corps maternel, ou de toute la silhouette féminine. »

Le losange, qui peut parfois représenter un champs ensemencé, est donc un signe de fertilité féminine. En outre, il est porteur du signe quatre.

De ce fait, cette semence prend la forme d’un point central, une petite incrustation  de corail rouge dans notre cas. L’idée de fertilité est alors renforcée.

D’ailleurs, si l’on revient à l’image du triangle, porteur du chiffre 3, on pourra y voir un autre symbole de fertilité. Le triangle tourné vers le haut évoque le principe masculin ; celui tourné vers le bas suggère le principe féminin. La progéniture est donc bivalente, sans aucune préférence génétique. C’est une remarque à souligner. Le point central rouge lie ces deux triangles en une autre figure géométrique, celle du losange. On pourrait également le retrouver dans l’image biblique de la Genèse :

1: Adam → 2 : Ève → 3 : Cain + Abel + Seth (trois fils du couple Adam/Ève)

[1 + 2 = 3]

Sur cette broche, le point central du cercle (le 1) est la semence procréatrice. Or le bijou est composé de deux parties (le 2). Les pendentifs de la deuxième section évoquent les éléments procréateurs (le 3 du triangle) assemblés en losanges (4 : symbole de la vie terrestre), démultipliés en 9 exemplaires (la symbolique du 9 sera évoquée ci-dessous).

  • 3.4.Le chiffre 5 :

A l’intérieur du cercle formé par la broche, on distingue cinq morceaux de corail incrustés.          Dans un article sur le symbolisme du chiffre cinq, Dee Finney[9] le décrit comme étant « le symbole du microcosme humain. » Il ajoute que c’est «le symbole de l’être humain » mais que c’est aussi un « nombre circulaire. »

Toutefois, ces cinq incrustations de corail prennent la forme suivante : 1 point central + 4 points cardinaux. Selon Dee Finney, il s’agirait d’un « Créateur Central des quatre points s’ajoutant à lui même pour donner cinq

Le 1 représente le principe mâle. Adam fut le premier homme, comme A est la première lettre des alphabets, grec (alpha), hébreu (aleph) ou arabe (alif). On  peut  aussi évoquer le yang chinois.

Le 4 est le plus souvent représenté par un carré ou une croix comme sur cette broche. Il symbolise la Terre. Dans la mythologie grecque Gaïa était la déesse de la Terre, fille de Chaos, mère et épouse d’Uranus, dieu du Ciel. Il y a quatre saisons (dans l’hémisphère Nord), quatre points cardinaux, quatre éléments mais aussi quatre phases lunaires. Notons également, qu’en tant que signe de stabilité, le nombre quatre symbolise la famille.

Le 5 correspond également aux cinq doigts de la main. Or, puisque nous parlons ici d’ornement féminin, comment ne pas évoquer alors « la main de Fatima » ou « main de fatma » non pas qu’il y ait une ressemblance avec cette broche mais parce que c’est une autre représentation bien connue du cinq. Le mot arabe – ou hébreu – pour ce talisman ornemental est « khomsa », proche du mot « khamsa », chiffre cinq en arabe et cinquième lettre de l’alphabet hébreu. On sait que l’origine de ce symbole est bien antérieure aux religions monothéistes juive ou arabe puisqu’elle   est punique, liée au culte de la déesse Tanit[10]. Par conséquent, le monde numide de l’époque l’a probablement adoptée grâce aux  nombreux échanges avec les Carthaginois. Nous reviendrons plus tard sur ces influences lors du décryptage des origines probables, liées aux bijoux chaouïs.

Force alors est de constater que cette partie de la broche contient bien tout un microcosme   liant l’univers à la procréation maternelle. C’est en quelque sorte un élan de création familiale.  Il confère à celle qui la portera l’énergie nécessaire dans un esprit de continuité à la fois universel et traditionnel.

 

  • 3.5.Le chiffre 9 :

Il est précisé dans le Dictionnaire des Symboles[11] que le neuf est « un symbole de la création et de la vie ». C’est un nombre qui indique l’accompli, la satisfaction, l’harmonie. Mathématiquement, c’est le dernier nombre simple (de 0 à 9). Le dictionnaire indique aussi que sous sa forme 3 x 3, il représente « la perfection, le symbole de la virilité, en plus d’être associé au couple. » Parallèlement, c’est le symbole de l’être humain  puisqu’il comptabilise les neuf mois de la procréation génétique.

C’est ce chiffre impair qui est contenu dans la deuxième partie de cette broche : les neuf pendentifs contenant chacun un cabochon de corail.

Après avoir évoqué le symbolisme du chiffre 1 (dans la partie haute circulaire de la broche), il faut donc maintenant évoquer une nouvelle fois celui du 2. C’est le principe féminin, le « yin » chinois. Premier nombre pair, il symbolise l’essence, l’existence. Dans la Bible, Eve vient après Adam. C’est enfin le symbole de la dualité, mâle/femelle, droite/gauche, pair/impair, jour/nuit, soleil/lune, vie/mort. Dans le cas de cette broche, la dualité est marquée par les deux parties : le cercle et les losanges.

L’interprétation progresse donc lentement. Après l’invitation à la  procréation évoquée dans la partie ronde, nous voilà bien cette fois dans une perspective de naissance annoncée. La féminité des éléments s’adresse à l’être qui en sera le porteur. L’idée d’une sorte d’amulette cosmique fait alors lentement son chemin.

 

                   3.6. La croix grecque [+] :

Avec le point, le cercle et le carré, la croix représente l’un des quatre symboles universels. Elle marque l’expansion de l’Univers. C’est un peu le symbole de l’espèce humaine. Associée au carré terrestre, elle pointe vers les quatre points cardinaux ; elle rappelle aussi les quatre éléments primordiaux.

Cette croix est l’association de deux axes. Un axe vertical [ | ], principe mâle et un axe horizontal [ ],  principe femelle.

Ainsi l’image du carré terrestre, véhiculée par la croix, s’insère-t-elle dans le cercle cosmique pour bien marquer l’interdépendance de l’Homme au sein de l’Univers. La procréation marque la continuité de l’espèce. Bien évidemment, cette mission incombe à la femme-mère.

Le cabochon de corail, posé au centre de cette croix, rappelle le rôle de la semence,  premier principe créateur dans la dualité de la vie humaine. Adam est le premier homme, père de la gente humaine.

  • 3.7. La croix de St.André [X] :

Cette croix apparaît dans la géométrie des quatre incrustations de corail placées en X sur le cercle.

Elle vient s’ajouter à la croix grecque et donner l’illusion d’une rotation solaire. Il s’agit d’une roue solaire.

C’est aux extrémités de cette autre croix, à l’intersection du cercle solaire de la broche, que se trouvent les quatre autres cabochons en corail. Ils indiquent la propagation de l’espèce dans le temps et la vie terrestre. Bien évidemment, c’est la femme qui reçoit la semence procréatrice. Elle a le devoir terrestre (nombre 4) de transmettre la vie tout au long de sa gestation (nombre 9).

  • 3.8. La roue cosmique proche de la « croix berbère » : 

Par conséquent, l’assemblage de ces deux signes crée une sorte de roue cosmique, un peu à l’image de la roue hindoue ou bouddhiste (appelée « roue du Dharma[12] » chez les Bouddhistes tibétains).

Exemple de roue du Dharma

La raison en a été donnée au paragraphe précédent (3.7.) mais il semblerait qu’il y ait une certaine parenté entre cette roue cosmique et ce que nous qualifions ici de « croix berbère ».
                                                                  

Cette symbolique est fréquente dans les constructions aurésiennes.[13] On la rencontre aussi dans les tissages des Aurès. Ce qui est appelé ici « croix berbère » est plutôt représenté sous la forme de la figure B, ci-dessus.

On peut alors se demander s’il y a une corrélation avec le tifinagh du Z berbère, contenu dans le mot Amazigh (singulier) / Imazighen (pluriel), puisque c’est ainsi que se dénomment elles-mêmes les peuplades berbères. On le traduit par « homme libre » en français. Cette hypothèse reste  sujette à discussion et est propice à d’éventuelles recherches.
  ⵥ ⵣ ( Représentation des 2 tifinaghs du Z)

Dans le cas de cette broche ronde, l’explication ethnologique au moyen des symboles décrits, semble  plutôt conserver la signification première exposée auparavant.

  • 3.9. Le métal d’orfèvrerie utilisé :

Toute l’orfèvrerie berbère traditionnelle est en argent. L’argent est un symbole lunaire. Dans la mythologie grecque, Artémis est la déesse de la lune. Par association, c’est donc  un symbole féminin. Etymologiquement, le mot « lune » (Artémis/Diane) est féminin, en français, par opposition au mot « soleil » (le dieu Apollon) qui est, lui, masculin. Dans le Symbolisme des métaux[14], l’argent est aussi l’image « par extension de la pureté, de la transparence, du psychisme, de l’âme et des mondes intérieurs. » Il est également associé aux qualités de pureté et de chasteté, le métal résistant au test du feu.

Voici d’ailleurs ce que l’anthropologue kabyle, Ali Sayad[15] dit au sujet du bijou kabyle : « Dans la Méditerranée antique, les bijoux portés par les filles de bonne famille étaient exclusivement en argent, symbole entre autres de la blancheur, l’innocence, la pureté, la cherté, la franchise et de la fraîcheur . »

Tout ceci confirme bien la propriété féminine de la broche. Mais cela fait aussi apparaître l’élément astral sous-jacent. Le cercle solaire, principe mâle, est associé au principe féminin lunaire dans une sorte de dualité complémentaire du jour et de la nuit, du yin et du yang. L’image du microcosme s’affirme une nouvelle fois.

  • 3.10.Le corail de couleur rouge :

Cet élément a une double valeur symbolique. Il a tout d’abord une origine marine, véhiculée ensuite par la couleur du rouge vif.

Le corail est un organisme vivant marin. On retrouve alors un autre élément primordial à la vie : l’eau. Le monde berbérophone d’Afrique du Nord est nécessairement tourné vers la Méditerranée proche. Cette « Mare Nostrum » des Romains – autre élément féminin – souligne l’appartenance des civilisations berbères au sein du monde antique  dont elles sont  les héritières. Le petit port de Tabarka, en Tunisie, comptoir grec proche de la frontière algérienne, a toujours été un lieu privilégié pour la pêche du corail. Il était donc aisé de se le procurer par le biais d’échanges commerciaux.

Certains textes anciens ont appelé le corail : « l’arbre marin de la déesse mère lunaire » en ajoutant que c’était « la source de la fertilité des eaux[16]» On voit donc bien que le corail est  étroitement lié à l’énergie féminine. Porté par les femmes, il avait la propriété de fortifier leur sang et de faciliter leur fertilité. C’était un talisman pour se protéger du mauvais œil, comme pour la « main de Fatima » évoquée précédemment.

Quant à la couleur rouge, c’est celle du sang, donc à la fois celle de la vie et de la mort,  autre dualité sous-jacente. C’est aussi l’image ambivalente du feu à la fois purificateur et destructeur. C’est la couleur de la vie et de la force vitale.

Dans l’artisanat de l’Aurès, la couleur rouge est la couleur dominante des coussins et des couvertures tissés par les femmes.

On voit donc combien cette double image du corail et du rouge renforce l’idée  du nombre deux,  élément de féminité.

  1. Essai d’interprétation:

 

  • 4.1. Une parure féminine :

L’analyse détaillée des composantes de cette broche permet de découvrir sa valeur et ses fonctions au sein de la société berbère chaouïe. Bien entendu, cela entraîne aussi un certain nombre d’interrogations.

Mais tout d’abord on voit clairement que c’est un objet destiné à la gente féminine comme une sorte de gage de continuité génétique et culturelle.

On serait presque tenté de croire que ce type de broche pourrait avoir la même fonction que l’anneau du mariage, en plus élaboré évidemment.

Mais alors comment est transmise cette broche ronde traditionnelle ? Appartient-elle à une famille ? Est-elle un don de mère à fille ? Ou bien de belle-mère à belle-fille ? Rappelons que dans les sociétés berbères la femme est souvent la gardienne des valeurs culturelles. La société targuie est matriarcale de nos jours encore. Dans la culture juive, on est juif par sa mère. Or on sait que l’Aurès a une tradition juive dans son histoire. On pense bien évidemment à Dihya, reine berbère juive de l’Aurès, au moment des invasions arabes. Derrière le mythe de « la Kahéna » (ou « Kahina », surnom arabe qui signifie « la prêtresse »), on discerne le rôle joué par la femme berbère au sein de la société. La femme berbère est la gardienne des traditions et de la culture.

En parlant d’une coutume surnommée « la fiancée de la pluie », voici ce que Jean Servier[17] nous révèle au sujet de cette même agrafe, en forme de broche ronde :

« Des bijoux complètent la parure de la poupée, généralement une agrafe de poitrine et deux boucles d’oreille. L’agrafe de poitrine porte le nom de « tabzimt » ; c’est une broche ronde la plupart du temps, ornée de cinq cabochons de corail qui en font un talisman protecteur – par la vertu du nombre cinq – et de neuf pendentifs qui portent en Kabylie le nom significatif de « aqarru buzrem » – les têtes de serpent -, le serpent étant le symbole de la résurrection et de la fécondité venue des morts. Dans des exemplaires modernes de cette broche, on trouve parfois d’autres pendentifs qui portent le nom de « tibuqalin » – les vases où l’on conserve l’eau à la maison – ce qui est conforme à la signification générale de ce bijou. L’ensemble rappelle le gorgonéion qu’Athéna portait sur son égide comme sans doute ses compatriotes les femmes libyennes. »

Illustration de « la fiancée de la pluie »

Ce passage est essentiel. D’une part, il confirme la démarche entreprise sur la broche ronde, et d’autre part il l’insère dans un rite berbère coutumier. La référence faite à Athéna ne manque pas d’intérêt non plus. Athéna était la protectrice des artisans et tout ce qui était filé ou cousu était son domaine[18]. Le lien avec les « femmes libyennes » suggère les échanges commerciaux et culturels qui ont pu avoir lieu.

  • 4.2.Finalité de la parure :

L’analyse a dévoilé le message contenu dans cette broche. Il est à la fois ethnologiquement universel et culturel.

Ali Sayad, déjà mentionné, dit ceci en parlant du bijou : « Le bijou, à l’instar de tous les objets d’art, restitue par un style et un langage particuliers la mémoire d’un savoir-faire, d’un cumul de connaissances et de techniques. » Et d’ajouter ensuite qu’il « reflète un idéal de pensées et de sentiments, l’empreinte de la vie émotionnelle et spirituelle, gravés dans le répertoire des formes et des lignes, près des chroniques, des contes et des poésies orales qui créent la mémoire d’un peuple . »

En parlant de l’artisan kabyle, l’anthropologue Ali Sayad, lui-même kabyle, dit ceci : « L’artisan, est de toutes les cérémonies. Pour célébrer les naissances, les fiançailles et les mariages, il fabrique des bijoux annonciateurs de richesses fécondes. »

Dans l’ouvrage de Bruno Barbatti[19] évoqué à plusieurs reprises, sur la symbolique des tapis berbères marocains, l’auteur tire la conclusion suivante : « Nous avons abouti à une analyse surprenante : la presque totalité des motifs des tapis berbères est basée sur un symbolisme sexuel ; on y découvre la rencontre des deux sexes, la grossesse et l’accouchement.» Le lien avec l’analyse que nous avons faite sur la broche apparaît clairement. Bruno Barbatti ajoute d’ailleurs que «  le fait de déchiffrer les symboles, de découvrir leur sens, donne aux tapis berbères une dimension nouvelle. Cela révèle leur véritable lien à la réalité, et donc les éclaire d’un jour nouveau. »

C’est  bien ce qu’on  découvre aussi en analysant cette broche ronde aurésienne. Le lien et la permanence culturelle s’affirment. De l’Atlas marocain aux monts des Aurès, la culture berbère perdure.

Ajoutons qu’une étude sur les motifs des broderies et des tatouages pourrait très certainement corroborer cette analyse. Or les broderies et les tatouages sont aussi des attributs féminins qui enrichissent les traditions berbères. Le parallèle est intéressant.

 

  • 4.3Des origines lointaines :

 

Si l’on se pose la question de savoir d’où proviennent ces motifs symboliques, on aborde alors une interrogation primordiale sur les origines des Berbères. L’historien Gabriel Camps l’a fait. On ne peut donc qu’évoquer ici un certain nombre d’éléments.

L’universalité des formes géométriques remonte à la Préhistoire mais, au fil du temps, diverses influences ont élaboré une forme d’art culturellement plus marquée. C’est le cas de l’art berbère.

En considérant le monde aurésien, des contacts avec l’Antiquité grecque et phénicienne ont existé. L’île berbère de Djerba en Tunisie, signalée dans L’Odyssée  d’Homère, n’est autre que celle des « Lotophages ». Les « lotos », fruits inconnus des Grecs, étaient en fait « les doigts de lumière », cette variété de dattes translucides connues aujourd’hui sous le nom arabe de « duglet nur ». Bizerte et Tabarka étaient des comptoirs grecs. Il y a bien sûr aussi les Carthaginois dont l’alphabet ressemble beaucoup aux tifinaghs libyques. Il paraît intéressant de lire ce que l’historienne Malika Hachid[20] dit à ce sujet. « La question de l’origine du libyque se présente sous trois aspects: cette écriture est soit un emprunt à l’alphabet Phénicien, soit une invention locale, ou encore un emprunt à un prototype fort ancien que l’on ne connaît pas encore. Qu’il y ait eu ensuite des contacts et des échanges entre le libyque et le phénicien, le punique ou autres écritures, est une chose tout à fait possible, notamment en ce qui concerne l’invention de l’alphabet ». Précisons que Malika Hachid, diplômée de préhistoire et de protohistoire, est actuellement la directrice du Parc national du Tassili N’Ajjer classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.  Les influences romaines et chrétiennes viendront ensuite. Par contre l’influence juive semble à la fois plus  ancienne et plus pérenne. C’est  une influence interne et non externe, comme celle des Grecs ou des Phéniciens. A ce sujet on pourra évoquer l’ouvrage de Marek Halter, « La Mémoire d’Abraham[21].» Rappelons en tout cas que « La Ghriba » (« la Miraculeuse »), sur l’île de Djerba, est l’une des plus vieilles synagogues du monde hébraïque. La petite communauté judéo-berbère remonte à l’exode  généré par la destruction du Temple de Jérusalem en 566 av.J-C. De nos jours encore, l’écrivain francophone d’origine tunisienne, Albert Memmi[22], revendique ses racines juives et berbères. Même démarche chez le chanteur Patrick Bruel[23], né à Tlemcen en Algérie, refusant le terme de « pied-noir » étant donné ses racines juives et berbères.

Alors bien sûr on songe une fois encore au mythe de Dihya profondément ancré dans la  mémoire des Aurès d’abord et de tout le monde berbère ensuite. D’ailleurs l’un des derniers ouvrages littéraires en date sur « La Kahéna » a justement été écrit par Gisèle Halimi[24] d’origine tunisienne juive.

 

  1. Une influence juive ? :

Cette digression historique avait pour but d’émettre une hypothèse sur l’origine de la broche chaouïe étudiée ici.

Car si l’on considère qu’historiquement il y a eu dans l’Aurès  une période d’influence juive  suffisamment durable, il est alors permis de penser qu’elle a pu avoir une certaine influence culturelle. On retrouverait cette influence dans l’orfèvrerie probablement. L’orfèvrerie est un domaine essentiellement masculin même si les bijoux sont destinés à être portés par les femmes. On reconnaît une nouvelle fois le principe de dualité.

Ce ne sont plus maintenant les figures géométriques qu’il faut observer mais la symbolique des nombres dans une optique juive : les nombres impairs 5 et 9 puis les pairs 2 et 4.

  • Le nombre 5: Il symbolise la Torah qui se trouve dans la synagogue et qui renferme les cinq premiers livres des Écritures Hébraïques. C’est le Pentateuque (cinq livres) qui comprend la Genèse, l’Exode, les Lévites, les Nombres et le Deutéronome.
  • Le nombre 9: Dans la Kabbale , il symbolise l’aboutissement.
  • Le nombre 2: C’est la deuxième lettre Beth de l’alphabet hébreu et désigne la maison. C’est la première lettre de la Torah. Dans la Genèse, Ève apparaît après Adam. Au A succède le B (alpha et bêta, en grec.).
  • Le nombre 4: Dans la tradition juive le Tétragramme YHWH (‫יהוה) est formé des quatre lettres qui forment le nom de Dieu.

Toutefois, il ne s’agit là que d’une hypothèse historico-religieuse qui demande à être confirmée par une recherche plus approfondie.

Par ailleurs cette broche ronde des Aurès ressemble beaucoup par sa forme à la broche kabyle d’Aït Hichem présentée ci-dessous et qui se trouve au musée des Arts Premiers à Paris.

Les formes géométriques sont identiques. On découvre que la roue cosmique (ou étoile berbère?) est plus marquée. Il y a bien aussi des pendentifs. Mais ils sont plus nombreux (au nombre de 15). Il y a 8 incrustations de corail. De même, dans la partie ronde de la broche, on retrouve aussi les 5 cabochons rouges. L’incrustation centrale est plus grosse mais la disposition géométrique est identique. On note également la présence de 4 autres petits cabochons intérieurs  formant un carré. Le total devient alors 5 + 4 = 9. On y retrouve ce nombre remarqué dans la broche des Aurès.

L’image du carré contenu dans le cercle rappelle la quadrature du cercle, forme souvent utilisée dans la poterie aurésienne, voire kabyle.

De même le fond émaillé semble plus riche. Tout cela donne à la parure kabyle une allure plus noble dans sa variété ornementale.

Cet article est paru dans le « Monde 2 » du 10 juin 2006 à l’occasion de l’ouverture du musée du Quai Branly[25]. Le commentaire indique que « ce bijou d’argent émaillé (24 x 24cm) reflète une technique très ancienne, née dans la Perse sassanide, développée à Byzance, puis dans l’Espagne musulmane avant d’être introduite en Afrique du Nord par les juifs expulsés de la péninsule ibérique après la Reconquista. » Le commentaire interpelle un tant soit peu.

La Grande Kabylie qui a une bordure maritime a probablement été plus propice aux influences extérieures. Ceci expliquerait les différences. L’Aurès a conservé une tradition plus authentiquement berbère. Il faut cependant noter au passage que sur cet article le véhicule des influences aurait bien été perpétré par des Juifs.

 

Arrivé à ce stade de l’étude, on voit tout de même qu’il manque encore une pièce à l’interprétation générale.

Les deux broches comparées ici ont chacune un fond d’émail. Ce fond est plus évident dans la broche kabyle que dans la broche chaouïe.

L’émail semble être un apport extérieur intégré à l’artisanat berbère. Essayons-donc de voir comment ce mécanisme a vraisemblablement fait son apparition.

 

  1. Le travail de l’émail:

 

Le travail de l’émail n’est pas aussi développé dans l’orfèvrerie chaouïe que dans celle des Kabyles. Vraisemblablement, ce phénomène est dû à la géographie.

D’où vient l’émail ?

Dans un site qui relate l’histoire de l’émail[26], il est dit que «  la pratique de l’émail est sans doute  née des Scythes ». Ce même texte précise que «  cet art fut introduit en Chine puis aux Indes et fut transmis aux Phéniciens et aux Assyriens.». Le mot ‘émail‘ viendrait du mot grec « smagdos ». Les Scythes étaient un peuple de nomades dont le vaste territoire d’Asie Centrale s’étendait de l’Ukraine à l’Altaï, entre le VIIIe  et le IIIe  siècle av.J-C[27]. Indo-européens, ils parlaient une langue iranienne. Perses, Assyriens, Grecs et Phéniciens entretenaient des échanges avec les Scythes dont l’orfèvrerie était connue. Le texte sur l’histoire de l’émail ajoute que « de ces peuples, les Byzantins tirèrent les techniques qu’ils transmirent en Europe vers le XI° siècle. »

Il semble donc probable que les Phéniciens aient surtout véhiculé des copies de bijoux émaillés dans leurs comptoirs d’Afrique du Nord. Il y a eu Carthage bien sûr, fondée en l’An 800, mais également Tabarka sur la côte tunisienne, que nous avons déjà mentionnée au sujet du corail. Ils avaient établi de nombreux comptoirs commerciaux  sur la côte algérienne : Annaba, Skikda, Collo, Jijel, Béjaïa, Dellys, Alger, Tipaza, Cherchell, Tenes, Bethioua et Ghazaouet[28]. La Kabylie a donc participé directement à des échanges commerciaux où les parures ornementales n’étaient point absentes. Il est donc vraisemblable que le travail de l’émail se soit ainsi répandu, peut-être même avant l’Espagne et directement par les Phéniciens. Il incombe à l’historien de le confirmer.

On remarquera que sur la broche kabyle présentée dans cette étude, il y a trois couleurs dominantes. Or voici ce qui est dit sur un blog kabyle[29] au sujet de l’émail: « Le vert, le bleu et le jaune sont les trois couleurs redondantes dans la fabrication du bijou. Ces couleurs reflètent les trois saisons du Nil, en l’occurrence les inondations (bleu), les semailles (vert) et les récoltes (jaune). Les petites étoiles qui sertissent tous les bijoux représentent le nombre d’enfants qu’aura la future maman ».  Une théorie voudrait en effet que l’émail ait été transmis par les Egyptiens. Il n’y aurait rien de trop étonnant. On sait en effet que l’oasis de Siwa au nord-ouest de l’Egypte est peuplé par des Berbères. Le blog citait une conférence donnée par Ali Sayad, anthropologue kabyle, qui a d’ailleurs travaillé avec Mouloud Mammeri et qui est convaincu que « l’originalité et le renom des bijoux kabyles résident avant tout dans la présence d’émaux de couleurs bleue, verte et jaune dont la douceur des tons rehausse l’éclat des sertissures de corail. Les bijoux en argent reçoivent les émaux dans un cloisonnement filigrané. »

Dans un moindre éclat la broche ronde chaouïe dont nous avons parlé comporte les mêmes couleurs d’émaux. La parenté, une nouvelle fois,  est proche.

        Nous voilà donc arrivés au bout de ce véritable voyage d’étude. Cette nouvelle recherche  complète un premier article sur la fibule berbère de l’Aurès. La symbolique a permis de donner un sens au message visuel décoratif. Il est certes universel mais avec une empreinte culturelle appartenant clairement au monde berbère. Ce bijou ornemental, porté par la femme, contient un message génétique évident. Rattaché à d’autres formes d’art comme le tapis, les tissages ou les tatouages, il tend à conforter l’image artistique et culturelle qu’il véhicule. A-t-il été une amulette ? Sans doute. Joue-t-il encore ce rôle ? Quand et comment la femme chaouïe reçoit-elle cette parure ? Par qui ? Que devient ce bijou par la suite ? Autant de questions qui se posent maintenant et auxquelles seul un ethnologue pourra donner une réponse. En parlant du bijou kabyle, Ali Sayad dit qu’il est «  le complément indispensable du costume, et qu’il joue un rôle essentiel dans la vie sociale féminine, surtout chez la jeune mariée, dont le trousseau peut renfermer jusqu’à plusieurs coffres de bijoux diversifiésOn a pu voir également comment, de fil en aiguille, une simple parure ornementale   nous a conduits  aux sources de la culture berbère et à ses éventuelles inspirations externes. Nous espérons que cette analyse aura jeté une nouvelle lumière sur cette forme de bijou. Il faudra poursuivre les recherches pour tenter de répondre à toutes les questions et avancer un peu plus dans la connaissance du monde berbérophone.

 

Christian Sorand,

Bangkok, février 2013 et revu en janvier et mai 2017

 

 

Références bibliographiques :

  • Barbatti, Bruno : Berber carpets of Morocco : The Symbols Origin and Meaning, A.C.R. Edition, 2008.
  • Becker, Cynthia : Amazigh Arts in Morocco : Women Shaping Berber Identity, publ. 2006.
  • Benoist, Luc : Signes, symboles et mythes, PUF, coll. Que Sais-je ?
  • Camps, Gabriel : Berbères : Aux Marges de l’Histoire, éd. Des Hespérides, 1980.
  • Chevalier, Jean et Gheerbrant, Alain : Dictionnaire des Symboles, éd. Robert Laffont.
  • Chouraqui, André : Les Juifs d’Afrique du Nord, Presses Universitaires de France, 1952.
  • Colonna, Fanny : Le meunier, les moines et le bandit, Sindbad, éd. Actes Sud, 2010.
  • Déjeux, Jean : La Kahina : de l’histoire à la fiction littéraire, mythe et épopée, dans Studi maghrebini, no.15, 1983.
  • Déjeux, Jean : Tradition et Civilisation Berbères, éd. Du Rocher, 1985.
  • Gaudry, Mathéa : La Femme Chaouia de l’Aurès:Etude de sociologie berbère, éd. Geuthner, 1929.
  • Halter, Marek : La Mémoire d’Abraham, éd. Robert Laffont, 1979.
  • Ibn Khaldoun : Histoire des Berbères
  • Sorand, Christian : La Fibule Berbère :le type chaouïa, AWAL No.3, 1987.
  • Sorand, Christian : La Guelâa aurasienne, AWAL No.3, 1987.
  • Sorand, Christian : La Fibule Amazighe, INUMIDEN, 2017
  • Tillion, Germaine : Il était une fois l’ethnographie, Seuil, éd. POINTS, 2004.

[1]    Christian Sorand : La Fibule Berbère, AWAL No.3, Paris 1987 et CNRS

[2]    Chaouïa, sg (chaoui) / chaouis, pl.

[3]    Targui, sg / touareg, pl.

[4]    Jean Servier (1918-2000) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Servier

[5]    http://symboldictionary.net/?p=1914

[6]    Joseph Panek : http://www.aseekersthoughts.com/2009/09/dot-within-circle-as-symbol.html

[7]    http://en.wikipedia.org/wiki/Solar_symbol

[8]    Bruno Barbatti : ‘Berber Carpets of Morocco : The Symbols Origin and Meaning‘, ISBN 978-2-86770-184-9

[9]    Dee Finney : ‘The Symbolism and Spiritual Significance of the number 5‘, http://www.greatdreams.com/five/five.htm

[10]  http://fr.wikipedia.org/wiki/Khamsa_(symbole)

[11]  http://www.ridingthebeast.com/numbers/nu9.php

[12]  The Dharma Wheel : http://www.khandro.net/ritual_wheel.htm

[13]  C. Sorand : « La guelâa aurassienne » dans Awal, 1987, no 3, pp. 139-146, 5 fig., bibl.

[14]  Symbolisme des métaux : http://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolisme_des_métaux

[15]  Ali Sayad : conférence sur le bijou kabyle, symbole de la berbérité : http://monblogkabyle.over-blog.com/pages/Conference_sur_le_bijou_kabyle_au_Cidef_Symbole_de_la_berberite-3380610.html

[16]  http://theosophytrust.org/tlodocs/articlesSymbol.php?d=Coral-0883.htm&p=42

[17]  Jean Servier : Tradition et Civilisation Berbères, éd. Du Rocher, 1985, p.281

[18]  Athéna : http://fr.wikipedia.org/wiki/Athéna

[19]  Bruno Barbatti : http://books.google.co.th/books?id=f_5SiwJHt48C&pg=PA21&lpg=PA21&dq=symbolic+of+lozenge&source=bl&ots=v_DBhsSEso&sig=KtfLZhJ-Y4zfGaP3Xa0B9G4fraA&hl=en&sa=X&ei=jKIVUYjqNMq4rAeBl4H4Dw&sqi=2&ved=0CFwQ6AEwBQ#v=onepage&q=symbolic%20of%20lozenge&f=false

[20]  Malika Hachid : Aux origines de tifinagh : http://www.tifinagh.freeservers.com/custom.html

[21]  Marek Halter : La Mémoire d’Abraham, Paris, éd. Robert Laffont, 1979, ISBN : 2 7242 1991 0

[22]  Albert Memmi : Le Scorpion ou la Confession Imaginaire, Paris, éd. Gallimard, 1986.

[23]  Patrick Bruel : Conversation avec Claude Askolovitch, Plon, 2011, p. 32-40

[24]  Gisèle Halimi : La Kahina, Paris, éd. Plon, 2006.

[25]  Réf. Mme Françoise Darmond. Paris.

[26]  Histoire d’émail : http://www.maison-email.com/histoire-generale-de-l-email.htm

[27]  Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Scythes

[28]  La présence phénicienne en Algérie : http://algerieterredafrique.blogspot.com/2012/11/la-presence-carthaginoise-en-algerie.html

[29]  Réf. : http://monblogkabyle.over-blog.com/pages/Conference_sur_le_bijou_kabyle_au_Cidef_Symbole_de_la_berberite-3380610.html

 

Partages

Nous vous recommandons

Spécimens d’anneaux de chevilles anciens des Aurès

Les spécimens de chevillères illustrés ici permettent de souligner les caractéristiques de l’Ardif des Aurès. …

Partages